Jean Herbert : entretien avec Jean Biès

Jean Herbert : entretien avec Jean Biès (Vandoeuvres, 1974)

Cet entretien a eu lieu à Van­dœuvres, en Suisse, le 13 mars 1974. Jean Herbert est mort le 20 août 1980.
Gandhi, Vinôbà Bhave, Shri Ramakrishna, Swami Vivekananda, Swâmi Ramdas, Shri Aurobindo, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi… Les « sages de l’Inde contemporaine »… Ces noms sont désor­mais liés à celui de Jean Herbert, sans qui nous ne les connaîtrions que peu ou pas du tout. Des noms qui sont aussi des paroles de vie, des enseignements capitaux, où l’Occident en dérive puise les éléments de l’éternelle sagesse et les possibles d’une humanité future. À ce titre, Jean Herbert n’apparaît pas seulement comme un traducteur ou un vul­garisateur de talent, mais comme un humaniste et un précurseur, à la fois sensible au rapprochement des peuples d’Orient et d’Occident, et soucieux d’une unité mondiale par le haut.Lire la suite »

Mohenjodaro (civilisation de la vallée de l’Indus)

Le site de Mohenjo Daro situé au Pakistan, près de la frontière indienne où s’est développée il y a six mille ans la civilisation de l’Indus, a révélé une cité vieille de 5 000 ans équipée d’infrastructures dignes des cités égyptiennes, notamment des systèmes de chasse d’eau et d’égouts complexes.

Drone view of Mohenjodaro (The Indus Valley Civilization)

Amar Jaleel at Mohenjo Daro

Cet étudiant d’origine indienne a choisi la France pour créer sa start-up.

Pranav Agarwal a fini ses études à l’Essec où il a développé un petit appareil solaire pour empêcher les moustiques de pondre sur les eaux stagnantes. Son projet a été salué par Bill Gates. L’objectif est de réduire la transmission du paludisme, de la fièvre jaune, de la dengue ou encore Zika.

Salué par Bill Gates dans un tweet, Solar Scare Moquito a aussi remporté la deuxième place au Water Innovation Prize du prestigieux MIT en 2021. Ce système développé par Nymphea Labs limiterait les risques de transmission de malaria, sans pesticides, simplement en aérant les surfaces d’eau stagnante. Mais l’idée doit encore faire son chemin et trouver des investisseurs.

Pranav Agarwal est le promoteur et cofondateurs de Nymphea Labs. D’origine indienne, il a choisi la France pour lancer sa start-up. A 25 ans, il n’a pas chômé. Après des études en informatique à Pondichery en Inde, il complète son cursus à l’Essec Singapour dans la fintech, avant de terminer son Master en management en région parisienne. Pendant ses études en France, il décide de mettre sur les rails une idée qu’il avait eu quelques années plus tôt. « J’ai senti que c’était le bon moment. D’abord, j’ai rencontré mon associé, Ashish Kapur, et puis j’ai bénéficié de tout l’écosystème start-up en France », explique Pranav Agarwal.

En recherche de business angels

Solar Scare Mosquito est un petit appareil à énergie solaire qui aère la surface des eaux stagnantes et, ainsi empêche les moustiques de venir y pondre leurs larves. Sans produits chimiques ni pesticides – pour lesquels les moustiques finissent par développer des résistances – cette solution pourrait s’installer dans de nombreux pays touchés par les maladies transmises par les moustiques, à proximité des zones densément peuplées.

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Le Népal, otage d’une rivalité croissante dans l’Himalaya

Reportage

Le pays pauvre aux 6 000 rivières est le terrain de jeu de la rivalité stratégique entre ses deux grands voisins, l’Inde et la Chine. Les ressources en hydroélectricité du pays ainsi que ses frontières sont au cœur de batailles diplomatiques qui voient les accords entre les parties se multiplier.

Le Népal, otage d’une rivalité croissante dans l’Himalaya

Sur le chantier de construction d’un barrage dans la vallée de Bhotekoshi, au Nepal, à la frontière avec la Chine. Vanessa Dougnac

Gardée par deux soldats, l’entrée est décorée de drapeaux de prière bouddhistes. Le tunnel étroit et oppressant s’enfonce ensuite sur 900 mètres au cœur de la montagne. Soudain, il s’ouvre sur une immense salle où siègent six turbines qui alimentent la plus grosse centrale hydroélectrique du Népal. Dans ce froid décor souterrain, le regard se pose sur des guirlandes clignotantes insolites, installées pour l’inauguration des lieux en septembre, et sur un petit autel dédié aux dieux hindous.

De l’électricité à revendre

Développée sous l’égide de la Nepal Electricity Authority, et notamment avec l’aide de prestataires chinois et indiens, la centrale d’une puissance de 456 mégawatts incarne l’ambition du Népal. Enclavé dans l’Himalaya, le pays pauvre aux 6 000 rivières mise sur l’hydroélectricité pour son avenir. Alors que ses villages ne sont pas tous électrifiés, le Népal produit un surplus de cette énergie qu’il veut exporter vers l’Inde et le Bangladesh. Ici, sur les hauteurs de la rivière Tamakoshi, la centrale devrait générer l’équivalent de la consommation nationale. Plus haut, au bout d’une route vertigineuse, se nichent le dernier village de Lambagar, ses yaks, ses chèvres et le gigantesque barrage, sous les cimes du Tibet où la rivière prend sa source.

« La Chine nous punit ! »

De Tamakoshi à Rasuwa en passant par Bhotekhoshi, les vallées perdues en bordure de la Chine sont devenues de spectaculaires chantiers en altitude qui massacrent les rivières, mais apportent en contrepartie emplois et connectivité aux habitants. Ce développement est le terrain de jeu de la rivalité entre l’Inde et la Chine. La signature par Katmandou, en 2017, d’une aide américaine de 500 millions de dollars pour améliorer le réseau de transmission de l’électricité suscite ainsi le mécontentement de Pékin,

Au poste-frontière de Rasuwa-Gadhi, les villageois imputent au MCC, acronyme de l’agence américaine en cause (Millennium Challenge Corporation), un blocus informel que la Chine fait peser sur les échanges à cet unique point de passage terrestre. En dépit des accords, les douaniers chinois ne laissent plus entrer les marchandises, mais ne se gênent pas pour les autoriser, dans l’autre sens, vers le Népal. « À cause du MCC, la Chine nous punit », se lamente Dawa Roje, le propriétaire de l’hôtel River View aux chambres vides.

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Le Sri Lanka, au bord de la faillite, annonce un programme d’aide à la population d’un milliard d’euros

En pleine crise économique, le gouvernement a dévoilé, lundi 3 janvier, un programme d’aide à la population d’un milliard d’euros pour faire face à la flambée des prix des denrées alimentaires.

Des Sri Lankais font la queue pour faire remplir leurs bouteilles de gaz de cuisine lors d’une pénurie à Colombo, Sri Lanka, mardi 4 janvier 2022.

Des Sri Lankais font la queue pour faire remplir leurs bouteilles de gaz de cuisine lors d’une pénurie à Colombo, Sri Lanka, mardi 4 janvier 2022. ERANGA JAYAWARDENA / AP

Tous les voyants sont au rouge et les indicateurs économiques du Sri Lanka semblent signaler un naufrage imminent. Les prix des denrées alimentaires ont enregistré une hausse record, l’inflation a atteint un niveau sans précédent et les réserves de change, indispensables aux importations, sont dangereusement basses.

Pour tenter de contenir la grogne de la population, le gouvernement a donc dévoilé, lundi 3 janvier dans la soirée, un plan d’aide d’un montant d’un milliard d’euros. Les salaires des fonctionnaires et les pensions des retraités seront augmentés à hauteur de 5 000 roupies par mois (environ 21,90 euros) et les citoyens les plus vulnérables percevront, eux aussi, des aides directes. Environ deux millions de personnes seront concernées par ce coup de pouce.

Aucune augmentation d’impôt n’est prévue pour financer ce programme estimé à environ 1,3 % du PIB du Sri Lanka. Le pays cumule pourtant une dette extérieure de 26 milliards de dollars (environ 23 milliards d’euros) et présente une « probabilité de défaut accrue », selon l’agence américaine de notation Fitch.

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Covid-19 : la vague Omicron déferle sur l’Inde

Les contaminations au Covid-19 augmentent de manière exponentielle dans le sous-continent. Si le variant Omicron pourrait être à l’origine de symptômes moins sévères, il menace néanmoins le système de santé indien en raison de sa transmissibilité élevée.

Un dépistage rapide du Covid-19 dans un kiosque en bord de route à Ahmedabad, en Inde, le 7 janvier 2022.

Un dépistage rapide du Covid-19 dans un kiosque en bord de route à Ahmedabad, en Inde, le 7 janvier 2022. 
AMIT DAVE / REUTERS

Une troisième vague de contaminations au Covid-19 s’abat de manière fulgurante sur l’Inde. Le géant sud-asiatique a recensé, vendredi 7 janvier, 117 100 nouveaux cas et plus de 300 décès au cours des dernières vingt-quatre heures. En deux jours, les nouvelles contaminations ont doublé à travers le pays. A l’origine de cette recrudescence, le variant Omicron, dont les premiers cas ont été identifiés en Inde le 2 décembre dernier. Le virus fait actuellement rage dans les grands centres urbains, comme New Delhi, Calcutta ou encore Bombay. Cette dernière, capitale financière du pays, a enregistré à elle seule plus de 20 000 nouveaux cas jeudi, un chiffre encore jamais atteint depuis le début de la pandémie.

Face à l’augmentation exponentielle du nombre de contaminations, les restrictions se multiplient. New Delhi, la capitale, qui a enregistré, jeudi, plus de 15 000 nouvelles infections en une seule journée, se confinera vendredi soir à partir de 22 heures, jusqu’à lundi matin 5 heures. Les 20 millions d’habitants de la mégalopole indienne vivaient déjà aux rythmes des couvre-feux nocturnes depuis fin décembre, tout comme les habitants des Etats du Karnataka (sud), du Pendjab (nord) ou encore du Bengale-Occidental (est). « Les couvre-feux nocturnes et les confinements les week-ends ne sont pas pertinents d’un point scientifique », regrette pourtant Chandrakant Lahariya, épidémiologiste et expert en santé publique, qui préconise des mesures plus localisées et un message plus clair à l’attention du public.

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Au Pakistan, dans les entrailles des montagnes roses

GRAND REPORTAGE – C’est l’un des trésors du Pakistan : le sel rose dit de l’Himalaya est extrait depuis le XVIe siècle dans les boyaux rocheux des montagnes du Pendjab. Une excavation manuelle et archaïque, encore calquée sur le modèle instauré par les Britanniques, qui constitue les fondations économiques de toute une région.

Merci aux chevaux d’avoir trouvé ces mines de sel ! Grâce à eux, j’ai eu une vie heureuse. » Mohammad Bota Khokar a 90 ans. Et l’homme en a passé quarante-deux à extraire le sel rose de la deuxième plus grande mine de sel au monde : Khewra, sur le plateau de Potohar, au Pakistan, à 600 kilomètres des contreforts himalayens. Et cette montagne de sel rose s’étend sur plus de 300 kilomètres, d’est en ouest, dans la région du Pend­jab : de la rivière Jhelum jusqu’au fleuve Indus. Une étonnante formation géologique, résultat de l’assèchement d’une mer salée dont l’origine remonte à 800 millions d’années lorsque la poussée des plaques tectoniques a formé la chaîne de l’Himalaya. Ces reliefs regorgeant de sel ont alors surgi à la surface. 

Mais le secret de ce sel rose n’a été ­révélé que des millénaires plus tard. C’est à Alexandre le Grand et ses conquêtes que l’on doit cette découverte. La légende voudrait que ce soit en apercevant son cheval Bucéphale lécher avec insistante les parois ­rocheuses des montagnes que le conquérant eût l’idée d’en extraire cet or rose. Le sel est indispensable au bon fonctionnement du système ­nerveux et à l’organisme. Mais aujourd’hui, c’est surtout les industries chimiques qui en consomment le plus. Il sert, par exemple, à fabriquer le chlore dont on extrait la javel et ses applications concernent tous les secteurs : de la santé au textile. 

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L’Inde est-elle le premier pays au monde à avoir vaincu la pandémie ?

VU D’AILLEURS – L’Inde n’enregistre presque plus aucun cas d’infection. Pourtant, il y a quelques mois, cet immense pays était encore plongé dans le chaos du coronavirus. Comment ce pays s’en est-il sorti ? Un expert nous dit tout.

Les chiffres sont vraiment étonnants. Depuis fin novembre, l’Inde enregistre moins de 10.000 nouvelles infections au coronavirus par jour – dernièrement, la moyenne sur sept jours était de 8500. D’après plusieurs études, la majorité des 1,4 milliard d’habitants du pays a déjà développé des anticorps contre le coronavirus.

Le virologue Jacob John, professeur émérite au Christian Medical College de Vellore, dans le sud de l’Inde, est convaincu que l’Inde est le premier pays au monde à avoir vaincu la pandémie et à être passé en «phase endémique». «Cette phase est atteinte lorsque les nouvelles infections se stabilisent à un faible niveau», explique Jacob John. Et c’est précisément dans cette situation que se trouve l’Inde actuellement.

D’un point de vue allemand, cette évolution a des allures de miracle. Car il y a encore six mois, l’Inde comptait pour un nouveau cas de coronavirus sur trois dans le monde. Au plus fort de la pandémie en Inde, plus de 400.000 personnes étaient contaminées quotidiennement. C’est le 6 mai 2021, avec 414.433 nouveaux cas de coronavirus, que le pays a atteint son pic de contaminations.

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La Chine met une pression grandissante sur les États himalayens que sont le Bhoutan et le Népal.

Xi Jinping à son arrivée à Katmandou, reçu par la présidente népalaise Bidya Devi Bhandari, le 13 octobre 2019, pour la première visite d'un président chinois dans le pays himalayen en 23 ans. (Source : Eleven Myanamar)

Xi Jinping à son arrivée à Katmandou, reçu par la présidente népalaise Bidya Devi Bhandari, le 13 octobre 2019, pour la première visite d’un président chinois dans le pays himalayen en 23 ans.(Source : Eleven Myanamar) 

Nouvelles revendications territoriales, injonctions sur l’extradition des Tibétains en exil, contrôle menaçant des fleuves communs… La Chine met une pression grandissante sur les États himalayens que sont le Bhoutan et le Népal.

En évidente difficulté au niveau diplomatique[1] à moins de deux mois de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin prévus du 4 au 20 février prochains, toujours aux prises avec la redoutable pandémie de Covid-19[2] et une économie atone, loin des attentes et de son dynamisme d’autant[3], la Chine traverse le crépuscule de l’année 2021 dans une nervosité marquée.

Certes, en Asie-Pacifique, son cas est loin d’être isolé. Ce ne sont pas les populations birmanes à nouveau exposées au joug violent de la junte, les 38 millions d’Afghans redécouvrant depuis quatre mois la loi obscurantiste des talibans alors que semble poindre la famine, ou encore les foules criant de Bangkok à Hong Kong à la primauté refusée de la démocratie, qui nous démentiront.

Il est également, toujours dans le vaste arc asiatique pétri de diversités, de complexités et de tourments, bien d’autres nations, capitales et populations placées en retrait de la lumière médiatique et des feux de l’actualité, à se faire quelques soucis pour l’année à venir : dans l’incomparable et majestueuse région himalayenne, notamment.

L’occasion dans cette tribune de fin d’année de nous pencher brièvement sur le cas du royaume du Bhoutan – le promoteur du bonheur national brut malgré tout chagriné par les agissements de son voisin du Nord -, puis de son voisin de l’Ouest, le Népal – cette autre destination himalayenne enclavée entre les titans chinois et indien -, et du quotidien de la communauté tibétaine en exil dans les contreforts de cette chaîne montagneuse, dont le sort à court terme paraît s’assombrir plus encore tant la République populaire s’emploie à la presser de mille manières. 

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Auroville, la cité utopique de l’Inde, lutte contre un projet de déforestation.

La population de la cité utopique d’Auroville se révolte depuis dix jours contre un projet de déforestation, ordonné par le gouvernement. Cette ville du sud du pays a été fondée en 1968 avec pour objectif de créer une communauté du futur, et d’établir une nouvelle harmonie avec l’environnement. Elle jouit maintenant d’une forêt très riche.

Les bulldozers avancent dans le cœur de la forêt d’Auroville, et des dizaines de résidents, indiens comme occidentaux, se placent sur leur chemin. Ils s’opposent à la coupe de dizaines d’arbres, qui doit permettre la création d’une route circulaire dans Auroville. Mais ils sont violemment repoussés par des hommes de main et les arbres tombent.

La nouvelle administratrice de la cité, nommée par New Delhi, affirme que ce tracé respecte les plans initiaux de la ville. Mais les résidents soutiennent qu’il faut les adapter et faire passer la route par une zone non boisée. C’est ce qu’explique cet Aurovilien qui souhaite rester anonyme par peur de représailles : « À Auroville, on a une biodiversité absolument étonnante. Et c’est vraiment la richesse d’Auroville d’avoir pu pendant 50 ans développer ces forêts. En termes de CO2, l’Inde étant très polluante, je pense qu’elle devrait protéger ses forêts plutôt que de les détruire. Pour nous, c’est absolument indispensable de garder ce trésor biologique de forêts, d’animaux sauvages qui sont revenus ici ».

Le tribunal environnemental régional, saisi par des résidents, vient de reconnaître le risque potentiel de cette déforestation. Les juges ont empêché toute nouvelle coupe d’arbre, jusqu’à vendredi prochain. Et demandé aux autorités de prouver que ces travaux sont légaux et justifiés.

Sébastien Farcis, RFI.fr  le 13 décembre 2021