Jean Herbert : entretien avec Jean Biès

Jean Herbert : entretien avec Jean Biès (Vandoeuvres, 1974)

Cet entretien a eu lieu à Van­dœuvres, en Suisse, le 13 mars 1974. Jean Herbert est mort le 20 août 1980.
Gandhi, Vinôbà Bhave, Shri Ramakrishna, Swami Vivekananda, Swâmi Ramdas, Shri Aurobindo, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi… Les « sages de l’Inde contemporaine »… Ces noms sont désor­mais liés à celui de Jean Herbert, sans qui nous ne les connaîtrions que peu ou pas du tout. Des noms qui sont aussi des paroles de vie, des enseignements capitaux, où l’Occident en dérive puise les éléments de l’éternelle sagesse et les possibles d’une humanité future. À ce titre, Jean Herbert n’apparaît pas seulement comme un traducteur ou un vul­garisateur de talent, mais comme un humaniste et un précurseur, à la fois sensible au rapprochement des peuples d’Orient et d’Occident, et soucieux d’une unité mondiale par le haut.Lire la suite »

Mohenjodaro (civilisation de la vallée de l’Indus)

Le site de Mohenjo Daro situé au Pakistan, près de la frontière indienne où s’est développée il y a six mille ans la civilisation de l’Indus, a révélé une cité vieille de 5 000 ans équipée d’infrastructures dignes des cités égyptiennes, notamment des systèmes de chasse d’eau et d’égouts complexes.

Drone view of Mohenjodaro (The Indus Valley Civilization)

Amar Jaleel at Mohenjo Daro

Editions Banyan

Cher·ère·s ami·e·s,

Pour ceux qui veulent larguer les amarres, direction l’Inde pour découvrir le meilleur de la littérature indienne dans l’espace infaillible des auteurs du Banyan. Retrouvez Nabarun Bhattacharya, Jerry Pinto, Anees Salim, Sujatha Gidla, Arun Kolatkar, Jacinta Kerketta pour les dernières nouveautés parues. N’hésitez pas à laisser vos commentaires, bienveillants bien sûr. Quelques beaux titres à venir à l’automne et en 2022.Tout soutien financier sera le bienvenu. Ce qui est singulier est rare et mérite d’être défendu, protégé. Merci pour votre aide.

Très bel été à toutes et à tous !

David Aimé

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P. Guillien : “Le français est la 1ère langue étrangère apprise et enseignée en Inde”

Phillipe Guillien avec des étudiants de français

Philippe Guillien, Attaché de coopération pour le Français auprès du Consulat Général de France à Bombay, est un ancien du réseau culturel et linguistique français à l’étranger et a exercé plusieurs fonctions dans ce cadre. Il nous explique la notoriété du français en Inde et l’action de la France pour la promotion et l’animation de la coopération linguistique dans le pays.

Bonjour, pouvez-vous nous raconter votre parcours avant de rejoindre le Consulat de France à Bombay comme Attaché de coopération pour le Français ?

J’ai passé 31 années de ma carrière hors de France. A l’origine, je suis professeur d’anglais, mais j’ai alterné des postes à l’étranger pour le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et en France en tant que conseiller en formation continue auprès du rectorat de l’académie de Poitiers. 

A l’étranger, j’ai commencé par faire mon service militaire en coopération en Tanzanie puis j’ai été en poste au Sri Lanka, au Maroc, en Roumanie, en Grèce, en Espagne, en Israël et maintenant en Inde. 

Je connais de nombreux métiers de notre réseau culturel et linguistique parce que je les ai pratiqués : j’ai été professeur de français langue étrangère, directeur d’Alliance Française, directeur des cours et des examens dans des Instituts Français et enfin Attaché de Coopération pour le Français.

Aujourd’hui, en poste en tant qu’Attaché de Coopération pour le Français, je suis en poste pour l’Institut Français auprès du Consulat Général de Bombay.

Quel est le rôle de l’Attaché de Coopération pour le Français ? Vous êtes basé à Bombay, y a t-il d’autres Attachés de Coopération pour le Français en Inde ? Êtes-vous en charge d’une zone géographique comme le Consulat de France à Bombay ?

En tant qu’Attaché de Coopération pour le Français, je contribue directement à la définition et à l’animation de la politique de coopération pour le français en Inde qui est pilotée par le Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle, Emmanuel Lebrun-Damiens (il est également directeur de l’Institut Français en Inde). 

J’ai trois autres collègues en Inde basés à Delhi, Kolkata et Chennai. Ma mission est territoriale puisque j’assure la promotion du français et la prospection auprès des écoles et des universités de l’ouest de l’Inde : Goa, Gujarat, Madhya Pradesh et Maharashtra en lien avec le réseau des Alliances Françaises. 

En quoi consiste votre action pour l’enseignement du français en Inde ? De quelle manière intervenez-vous auprès des enseignants et des établissements d’enseignement ? Quels sont les outils dont vous disposez ?

Mon travail est de concevoir des plans de formation pour les enseignants, d’intervenir en tant que formateur pour la formation initiale et la formation continue des professeurs de français. 

Je travaille étroitement avec les départements d’études françaises des universités.

Nous avons créé avec l’université de Mumbai le premier centre de formation en français langue étrangère rattaché à une université en Inde.

Ce centre est chargé de la formation initiale mais surtout de la formation continue des professeurs de français pour la région ouest de l’Inde. Mais comme nous travaillons actuellement en ligne, nous touchons des professeurs de toute l’Inde.

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Le retrait américain d’Afghanistan et ses implications pour l’Inde

L’Inde a des intérêts stratégiques dans l’avenir de l’Afghanistan et en tant qu’alliée, l’Inde peut avoir un avantage sur le Pakistan. (Image du fichier )

La décision du président Joe Biden de retirer toutes ses troupes d’Afghanistan d’ici le 11 septembre 2021, après deux décennies de présence militaire dans la région, s’est heurtée à des incertitudes et à des questions sur le sort de l’Afghanistan alors que le pays est frappé d’incapacité par la pandémie de Covid-19 et la poursuite de la pandémie. la présence des talibans et d’un retrait militaire américain dans la région à ce stade conduira à la fermeture de tous les gains que le pays a réalisés au cours des 15 dernières années.

Le président Joe Biden, dans son discours de jeudi, a clairement indiqué que l’avenir de l’Afghanistan et les préoccupations concernant les droits des femmes et des filles n’étaient pas entre les mains de l’armée américaine mais de la responsabilité du gouvernement actuel. À son avis, l’édification de la nation afghane n’était pas l’intention des États-Unis et c’était «le droit et la responsabilité du peuple afghan seul de décider de son avenir et de la manière dont il veut diriger son pays». Il a souligné que l’Amérique dans l’esprit de la démocratie a suffisamment responsabilisé la police et l’armée afghanes et que les implications de la pandémie, faire face à dix-huit mois de perturbation économique et de troubles raciaux continus aux États-Unis sont une priorité pour son administration.

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En Inde, l’impossible survie des « pauvres parmi les pauvres »

Au Bihar, la communauté des Musahars est l’une des plus frappées par les conséquences du Covid-19 et a de plus en plus de mal à se nourrir

REPORTAGE SIKANDARPUR (INDE) – envoyé spécial

Au soleil couchant, une petite gamelle métallique frémit sur le feu, à même la terre. Dans ce foyer, personne n’a rien avalé depuis le petit déjeuner. Et faute de mieux, ce soir encore, Reshmi Devi et ses quatre enfants devront se contenter de si peu. « Du riz et quelques patates bouillies », dit la jeune femme de 24 ans, enceinte de six mois. Elle habite près du village de Sikandarpur, dans l’Etat du Bihar, le plus pauvre de l’Inde, collé au Népal.

En ce mois de juillet, l’atmosphère de la hutte familiale, faite de bric et de broc, est étouffante. Aux alentours, les rizières gorgées d’eau s’étendent à perte de vue, des cochons grassouillets profitent d’une terre boueuse et les buffles ruminent paisiblement. Mais derrière les apparences bucoliques, dans les villages, se cache une terrible misère.

Reshmi Devi et ses enfants, près de Sikandarpur, dans le district de Patna (Bihar), le 6 juillet 2021. 
SOUMYA SANKAR BOSE POUR « LE MONDE »

Bien avant la pandémie de Covid-19, déjà, la survie des familles installées ici ne tenait qu’à peu de choses. La communauté des Musahars, littéralement « les mangeurs de rats », à laquelle elles appartiennent, est l’une des plus défavorisées du sous-continent. La communauté doit son nom au travail qui allait autrefois de pair avec sa caste : attraper les rats. Le système de castes pèse encore lourdement sur ces dalits, autrefois appelés « intouchables », au plus bas de l’échelle sociale.

« Les Musahars subissent des discriminations, ne possèdent pas de terre et en temps normal, ils parviennent à peine à travailler quatre à cinq mois par an dans les champs ou sur les chantiers », explique Sudha Varghese, une religieuse qui travaille aux côtés de ces populations depuis plus de vingt ans. « Ils souffrent de la faim depuis leur naissance, cela se lit sur le visage des enfants et des femmes, qui sont les plus affectés », poursuit cette militante à la voix sucrée, que tout le monde salue sur son passage.

Sudha Varghese, religieuse, à Danapur, dans le district de Patna (Bihar), le 6 juillet 2021. SOUMYA SANKAR BOSE POUR « LE MONDE 

Les Musahars sont des « pauvres parmi les pauvres », dans un Bihar miné par la malnutrition. Plus de 63 % des femmes enceintes y sont anémiées, environ 43 % des enfants de moins de 5 ans accusent un retard de croissance et 41 % une insuffisance pondérale, selon les derniers chiffres du ministère de la santé. Lorsque le confinement national a été imposé au mois de mars 2020, la famille de Reshmi Devi a sombré plus profondément dans la détresse. 

Entre septembre et octobre, deux tiers des personnes interrogées par l’organisation Right to Food Campaign ont déclaré manger des aliments moins nutritifs qu’avant l’arrivée du coronavirus. Au printemps déjà, la situation était sombre avec le retour des travailleurs migrants ayant fui les grandes villes pour rentrer dans leur Bihar natal : près de 60 % d’entre eux n’étaient pas en mesure d’assurer deux vrais repas à tous les membres de leur famille au mois de juin 2020.

« C’est un désastre car une partie des aides sociales n’atteint pas les bénéficiaires, notamment à cause de problèmes bureaucratiques. Ce sont les plus vulnérables qui en pâtissent », observe Vandana Prasad, pédiatre et spécialiste de la santé publique. La famille de Reshmi Devi est un exemple parmi d’autres. Après avoir perdu sa carte de bénéficiaire, elle n’a reçu aucune des rations alimentaires auxquelles elle avait droit et dont elle avait pourtant tant besoin. « Il arrive aussi que les intermédiaires chargés de la distribution réclament un pot-de-vin contre des rations alimentaires et les Musahars ne peuvent pas se défendre », souligne Sudha Varghese. 

Vivre à crédit

Durant la première vague, 75 % des foyers éligibles aux rations alimentaires dans le Bihar ont reçu moins de nourriture que ce qui leur était dû, selon une étude réalisée par le Centre for Development Economics and Sustainability et l’Institute for Human Development. 

Dans sa cuisine, Reshmi Devi prépare le dîner pour sept près de Sikandarpur, dans le district de Patna (Bihar), le 6 juillet 2021. Son frère de 22 ans, Sukhu Manjhi (à droite), handicapé physiquement,
n’a reçu aucune aide du gouvernement en matières d’alimentation ou de soins médicaux.
SOUMYA SANKAR BOSE POUR « LE MONDE 

Pour leur survie, les Musahars des villages du district de Patna, la capitale du Bihar, dépendent presque entièrement du milieu associatif. « Quand nous avons du travail, nous pouvons manger des légumes », glisse Reshmi Devi. Malheureusement, les opportunités se font rares. Au mieux, son mari travaille un ou deux jours par mois dans les champs ou sur des chantiers.

Cette famille de six personnes doit se contenter de ce maigre salaire d’environ 10 euros par mois. D’autres dans le village n’ont pas gagné un sou depuis plus d’un an. « Depuis que le coronavirus est arrivé, je n’ai pas travaillé une seule journée », affirme Parmela Devi, autre femme de la communauté.

L’aide apportée par les ONG ne suffit pas non plus. Dans le meilleur des cas, Parmela Devi peut espérer recevoir jusqu’à 25 kilos de riz par mois mais aussi du blé. Le tout, pour nourrir neuf personnes. « Nous servons d’abord les petits et nous, les adultes, ne mangeons que s’il reste quelque chose », admet cette femme aux cheveux grisonnants qui vit avec ses enfants et ses petits-enfants. Sait-elle qu’elle pourrait bénéficier d’une aide alimentaire du gouvernement ? « Personne ne nous a rien dit », répond-elle. La même histoire se répète de maison en maison. Ici, on mange au mieux deux fois par jour. A l’heure du déjeuner, les casseroles restent vides et les estomacs creux. 

 Anila Sharma travaille dans un centre Anganwari. Elle montre le journal de bord de la distribution d’aliments et de médicaments de ce dispensaire rural, à Ratnauli, dans le district de Muzaffarpur (Bihar), le 7 juillet 2021. 
SOUMYA SANKAR BOSE POUR « LE MONDE »

Avec la fermeture des écoles, la pandémie a aussi privé les enfants du repas de midi qui leur était offert. Lancé en 1995, un programme étatique permettait avec succès de lutter contre la malnutrition et de favoriser l’assiduité des enfants de moins de 14 ans dans les écoles publiques. Environ 100 millions d’enfants en bénéficiaient avant la fermeture des établissements scolaires en mars 2020.

Mais le fonctionnement perturbé des « anganwadis centres » inquiète encore davantage les experts. Ces dispensaires ruraux sont chargés de l’alimentation, mais aussi des soins des moins de 6 ans et des mères allaitantes. Ils jouent un rôle clé dans la lutte contre la malnutrition, notamment au cours des mille premiers jours de la vie d’un enfant, déterminants pour sa croissance et son développement intellectuel.

Rishav Raj, 7 ans, à Ratnauli, dans le district de Muzaffarpur (Bihar), le 7 juillet 2021. Son père est un travailleur migrant, absent de la maison depuis plus d’un mois. La famille est confrontée
à des problèmes financiers, sa mère emprunte à différentes sources pour survivre.
SOUMYA SANKAR BOSE POUR « LE MONDE »

« Au-delà du premier plan d’urgence, qui était insuffisant mais qui a permis de faire une différence, pratiquement rien n’a été fait à destination des pauvres. Le peu d’attention accordée aux enfants tout au long de cette crise est assez incroyable. », alerte l’économiste Jean Drèze, l’un des plus grands spécialistes de la question en Inde.

Dans le district de Muzaffarpur, à environ 70 kilomètres au nord de la capitale biharie, d’autres Musahars vivent dans le même dénuement. Certaines familles n’ont eu d’autres choix que de s’endetter : vivre à crédit, simplement pour offrir un peu de riz à leurs enfants. « Les petits ont besoin de manger plus mais même s’ils ont faim, ils jouent et ils oublient », tente de se consoler Ratya Devi, une grand-mère croisée sur un chemin.

Ravi Pinto, Le Monde.fr le 13 juillet 2021

Inde : la grande pharmacie

La pandémie a fait de l’Inde l’épicentre de l’industrie pharmaceutique. Le pays dispose de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire, mais les infrastructures ont du mal à répondre à la demande mondiale. Comment la crise du Covid met-elle en avant les forces et faiblesses de l’industrie indienne ?

Flacons de Covishield, le vaccin contre le coronavirus Covid-19 d'AstraZeneca-Oxford, dans le laboratoire de fabrication au Serum Institute d'Inde à Pune, le 22 janvier 2021.
Flacons de Covishield, le vaccin contre le coronavirus Covid-19 d’AstraZeneca-Oxford, dans le laboratoire de fabrication au Serum Institute d’Inde à Pune, le 22 janvier 2021.• Crédits :  Punit PARANJPE – AFP

Forte d’une main d’œuvre qualifiée et de coûts de production peu élevés, l’Inde s’est progressivement imposée comme l’épicentre de l’industrie pharmaceutique mondiale. Ce succès doit beaucoup à une législation longtemps permissive sur les brevets, et au développement de l’ingénierie inverse, c’est-à-dire la capacité à décomposer une molécule pour la reproduire.

L’Inde s’est retrouvée en première ligne pour la production de vaccins contre le Covid-19 et face à l’augmentation accrue des cas sur son propre territoire, le pays a choisi de réserver les doses pour sa population. C’est pourquoi le pays a demandé, pour l’instant sans succès, la levée des brevets sur les autres vaccins. Mais au-delà des questions de propriété intellectuelle, la pandémie questionne les capacités de production de l’Inde. Si elle dispose de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire, il n’est pas certain que ses infrastructures suffisent à répondre à cette demande mondiale inédite.

Comment la pandémie met en évidence les forces et les faiblesses de l’industrie pharmaceutique indienne, mais également la dépendance du reste du monde à ce secteur-clé ? Quel impact son développement a-t-il eu sur l’économie et la société ? Quelles sont les perspectives d’évolution de cette industrie massive, pour l’heure restreinte à la reproduction de molécules élaborées ailleurs et à la sous-traitance ?https://7cc5e749ebfcc7155b5c595cb653f1f8.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Entretien avec Jean-Joseph Boillot, économiste, chercheur associé à l’Iris, spécialiste de l’Inde et Samira Guennif, économiste, maître de conférences à l’Université Paris 13, spécialiste de l’économie du médicament et de l’économie du brevet.

La modification du système de brevet dans les années 70 a permis à l’industrie indienne de se développer sur une base nationale. Puis, dans les années 90, l’Inde connaît une ouverture sur le reste du monde et vise le marché américain, qui commence à promouvoir le générique. Le gouvernement indien va permettre aux entreprises de pouvoir s’orienter progressivement sur le marché d’extérieur. C’est pourquoi aujourd’hui il s’agit d’une industrie d’exportation. Samira Guennif

Cette catastrophe sanitaire met à nu la mondialisation conçue par les grands laboratoires. Elle révèle la façon dont un certain nombre de pays en développement ont délaissé la santé publique. En l’occurrence, l’Inde a privatisé la totalité de la santé. Jean-Joseph Boillot

Seconde partie – le focus du jour 

L’Etat du Gujarat, pépinière de TPE et PME pharmaceutiques

Le très libéral Etat du Gujarat, d’où est originaire le Premier ministre Narendra Modi, abrite de nombreuses moyennes voire très petites entreprises, en particulier dans sa ville principale : Ahmedabad. Des fabricants de gélules aux spécialistes du marketing du médicament, les TPE-PME pharmaceutiques influencent profondément le développement local, et contribuent à renforcer les connexions entre la région et le reste du monde.

En compagnie de Yves-Marie Rault Chodankar, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université d’Artois, chercheur associé au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA). 

A partir des années 90, l’Etat a mis en place des exemptions fiscales pour l’installation d’unités de production dans un certain nombre d’Etats considérés comme arriérés. Des investissements ont été faits dans des villes comme Badi où se trouvent plus de 50 000 travailleurs, souvent migrants, dans ces entreprises. Yves-Marie Rault Chodankar

Une émission préparée par Margaux Leridon. 

Références sonores 

  • Suvashish Chakravarty, directeur des urgences d’une clinique en proche banlieue de New Dehli dresse un tableau alarmant de la situation sanitaire suite à une augmentation exponentielle du nombre de cas de COVID 19 (Extrait du reportage « Inde : Covid, l’explosion » d’Antoine Védeilhé diffusé sur Arte le 30 avril 2021)
  • Anisha Malik, médecin au Madan Mohan Malaviya Hospitazl à Dehli explique qu’elle doit espacer les doses de vaccination suite à une pénurie de vaccins échange entre une patiente vaccinée à l’Astrazenca et un gardien du même hôpital (LCI, 17 mai 2021)
  • Dr Sunela Garg, conseillère de la campagne de vaccination à New-Delhi explique que l’Inde doit limiter ses exportations de vaccins et évoque le « nationalisme du vaccin » (France 2, 30 mars 2021)
  • Hemant G. Koshia, commissaire de la Food and Drug Control Administration du Gujarat, précise le rôle prépondérant de l’Etat du Gujarat dans la production de médicaments (Global Business report, juillet 2020)

Références musicales 

  • « Love on a real train » de Tangerine Dream (Label : Virgin)
  • « Hausla » (= « Courage ») titre composé en avril 2020 par un collectif d’artistes, de chanteurs et de musiciens indiens

BIBLIOGRAPHIE 

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Utopies made in monde : le sage et l’économisteJean-Joseph BoillotOdile Jacob, 2021

  • Jean-Joseph BoillotProfesseur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, chercheur à l’IRIS spécialiste des grands pays émergents
  • Samira GuennifEconomiste, maître de conférences à l’Université Paris 13, spécialiste de l’économie du médicament et de l’économie du brevet
  • Yves-Marie Rault ChodankarAttaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université d’Artois, chercheur associé au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA)

Pour écouter l’émission

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/la-force-du-made-asia-24-inde-la-grande-pharmacie?fbclid=IwAR3wu1X25lbwWyRiqlAbayLTMyKYbgo9cvwA81BNH3q0SIjNYpKodqkBQWE

Subhash Palekar, pionnier de l’agriculture naturelle en Inde

Un monde agricole en crise

En Inde, le secteur agricole a été dominé ces 40 dernières années par le modèle de production industrielle hérité de la Révolution Verte, qui devait permettre d’augmenter significativement la productivité et la production afin d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire et mettre un terme aux famines qui touchaient régulièrement la population indienne.

La Révolution verte (années 60-70) est basée sur les transferts de technologies, une utilisation intensive des produits chimiques (pesticides, insecticides, engrais) et l’adoption de variétés hybrides à haut rendement, exigeant de grandes quantités d’eau et impliquant des travaux d’irrigation coûteux.

Mais alors que la production a effectivement augmenté de manière conséquente, mettant fin aux famines récurrentes, le secteur agricole connaît une crise profonde depuis les années quatre-vingt-dix. La Révolution verte a montré ses limites et ses insuffisances sur le long terme (Cf. En Inde, la révolution verte tourne au brun) : appauvrissement et salinisation des sols, coûts de production élevés, pollution des nappes phréatiques. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des principales causes du calvaire des paysans indiens pris au piège de la dette, contractée afin d’acheter des intrants de plus en plus chers tandis que la productivité stagne voire décline. La croissance du secteur agricole n’était ainsi que de 4,5 % en 2007-08 (3,8 % en 2006-07) comparée à la croissance économique nationale de 9 %.

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Baudelaire et l’Inde

Within the framework of “La Francophonie”, a day dedicated to the French language and speakers, and on the occasion of the bicentenary of Charles Baudelaire, a  webinar organized by French Institute in India, on “Baudelaire et l’Inde” in partnership with the University of Rajasthan. In this webinar French experts on Baudelaire, Prof. André Guyaux, membre du comité de direction de L’Année Baudelaire, Aurélia Cervoni, and Andrea Schellino, responsables du “Groupe Baudelaire” de l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS – ENS-Ulm) Sorbonne Université talk about the poet’s journey to the Indies, how India features in his works and literature in India at the time of Baudelaire. The conference  is moderated by Dr. Christine Cornet, Attaché for Books and Ideas at the French Institute in India.

FRIDAY, 9th April 2021 | 2:30 PM – 4:00 PM

La paix avec le Pakistan est-elle possible?

L’Inde a de nombreuses autres raisons de poursuivre les hostilités, surtout aujourd’hui où nous avons un gouvernement dont les porte-parole et les partisans utilisent le mot pakistanais comme un terme d’abus.

Pendant un bref instant la semaine dernière, il a semblé que les hostilités entre nous et la République islamiste voisine commençaient à diminuer. Le Pakistan s’est montré intéressé par l’importation de sucre et de coton indiens, ce qui aurait signifié la relance du commerce même si les relations diplomatiques restaient suspendues. Puis, soudain, le cabinet d’Imran Khan a déclaré que tant que l’article 370 ne serait pas rétabli, il n’y aurait pas de commerce. Après l’abrogation de l’article 370, le 5 août 2019, le Premier ministre du Pakistan s’est donné pour mission d’essayer d’amener le monde islamique à censurer l’Inde pour avoir mis fin au statut spécial de l’ancien État du Jammu-et-Cachemire. Il est allé jusqu’à se nommer «ambassadeur du Cachemire» mais n’a pas réussi à obtenir beaucoup de soutien.

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B.1.617, le variant «double mutant» qui effraie l’Inde et se propage déjà dans le monde

Le deuxième pays le plus touché par le Covid-19 fait face à une seconde vague beaucoup plus forte que la première. Les variants en seraient notamment responsables.

Avec 13,9 millions d'infections au Covid-19, l'Inde compte désormais le deuxième plus grand nombre de cas au monde, devant le Brésil. | Sujit Jaiswal / AFP

Avec 13,9 millions d’infections au Covid-19, l’Inde compte désormais le deuxième plus grand nombre de cas au monde, devant le Brésil. | Sujit Jaiswal / AFP

Le Covid-19 et ses variants n’ont pas fini de faire trembler la planète. Partout sur le globe, de nouvelles souches du virus émergent semaine après semaine. Parmi elles, certaines semblent davantage inquiéter les scientifiques que d’autres.

Plus contagieuses et virulentes, ces nouvelles souches font des ravages, notamment au Brésil avec le variant P.1. Pendant que nos projecteurs sont tournés de l’autre côté de l’Atlantique, une mutation fait son trou en Asie, et plus spécifiquement en Inde.

Depuis plusieurs semaines, le pays fait face à une impressionnante flambée des cas de Covid-19. Une vague encore plus importante que la première, qui avait fait plier le géant aux pieds d’argile à l’été 2020.

Double mutation, doubles complications

Plusieurs variants circulent actuellement sur le territoire indien, comme le B.1.36, un variant local qui se propage depuis plusieurs mois au sud du pays, près de Bangalore.

Pourtant, depuis le début de l’année, et encore plus ces dernières semaines, c’est un autre variant qui retient l’attention des scientifiques: le B.1.617, surnommé «double mutant». Détecté pour la première fois le 7 décembre 2020 sur le territoire, il s’est depuis propagé, notamment dans le Maharashtra, à Delhi et dans le Punjab, des endroits particulièrement concernés par la recrudescence du virus.

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La France nomme des ambassadeurs d’anciens élèves pour promouvoir les liens éducatifs en Inde

Charles Foucault, Yourtopia.fr le 17 avril 2021

DELHI : L’ambassade de France à Delhi a lancé un programme d’ambassadeurs d’anciens élèves pour promouvoir de meilleurs liens interpersonnels entre l’Inde et la France lors de la visite de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France, en Inde en début de semaine. Quinze anciens ambassadeurs ont été intronisés dans le programme 2021-2023 lors d’une cérémonie d’investiture dans la capitale mardi.

La France s’est fixé comme objectif que 20 000 étudiants indiens étudient dans des établissements d’enseignement supérieur à travers le pays d’ici 2025, a déclaré le ministre Le Drian lors du programme. En 2019, 10000 étudiants indiens étudiaient en France, selon un porte-parole de l’ambassade de France.

Scientifique, entrepreneur en technologie de pointe et professeur associé à l’IIT-Delhi Le Dr Manan Suri – qui est l’un des ambassadeurs du programme – estime que les collaborations de recherche actives entre étudiants et universitaires indiens et français sont un avantage pour les établissements d’enseignement supérieur dans les deux pays. «Les perspectives de projets postdoctoraux indo-français scientifiques et technologiques ouvrent des portes aux étudiants indiens se rendant en France et inversement aux étudiants français venant en Inde. Je suis un défenseur d’une telle mobilité des étudiants et des scientifiques seniors au niveau de la recherche avancée », a déclaré Suri, qui a fait son doctorat en ingénierie à Grenoble INP en France en 2013 (Times of India.com).

Le programme des ambassadeurs des anciens, selon un porte-parole de l’ambassade de France, est une plate-forme pour les membres éminents de la prestigieuse section France Alumni – Inde, qui ont connu le meilleur des deux mondes et ont connu un succès phénoménal dans leurs domaines respectifs. . Ces ambassadeurs sélectionnés participeront à la promotion des programmes d’études en France auprès des étudiants indiens.

Abhimanyu Panwar – entrepreneur sportif, marin professionnel et ambassadeur d’anciens élèves – a déclaré qu’étudier en France offre aux étudiants indiens les meilleures opportunités de stages et d’emplois pendant et après les études. «Je suis allé à la Brest Business School pour suivre un cours en 2018. Outre mes études sur le campus en France, j’ai également reçu une bourse dans le cadre du programme Erasmus pour voyager en Italie au cours de mon dernier semestre pendant trois mois», a-t-il déclaré. «Professionnellement, l’expérience de l’éducation et des stages en Europe a été un grand coup de pouce pour mon parcours entrepreneurial.» Il a le sentiment que, alors que les campus en France s’ouvrent après la pandémie, les étudiants indiens sont très enthousiastes à l’idée d’y suivre des cours.