Jean Herbert : entretien avec Jean Biès

Jean Herbert : entretien avec Jean Biès (Vandoeuvres, 1974)

Cet entretien a eu lieu à Van­dœuvres, en Suisse, le 13 mars 1974. Jean Herbert est mort le 20 août 1980.
Gandhi, Vinôbà Bhave, Shri Ramakrishna, Swami Vivekananda, Swâmi Ramdas, Shri Aurobindo, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi… Les « sages de l’Inde contemporaine »… Ces noms sont désor­mais liés à celui de Jean Herbert, sans qui nous ne les connaîtrions que peu ou pas du tout. Des noms qui sont aussi des paroles de vie, des enseignements capitaux, où l’Occident en dérive puise les éléments de l’éternelle sagesse et les possibles d’une humanité future. À ce titre, Jean Herbert n’apparaît pas seulement comme un traducteur ou un vul­garisateur de talent, mais comme un humaniste et un précurseur, à la fois sensible au rapprochement des peuples d’Orient et d’Occident, et soucieux d’une unité mondiale par le haut.Lire la suite »

Mohenjodaro (civilisation de la vallée de l’Indus)

Le site de Mohenjo Daro situé au Pakistan, près de la frontière indienne où s’est développée il y a six mille ans la civilisation de l’Indus, a révélé une cité vieille de 5 000 ans équipée d’infrastructures dignes des cités égyptiennes, notamment des systèmes de chasse d’eau et d’égouts complexes.

Drone view of Mohenjodaro (The Indus Valley Civilization)

Amar Jaleel at Mohenjo Daro

Inde : la grande pharmacie

La pandémie a fait de l’Inde l’épicentre de l’industrie pharmaceutique. Le pays dispose de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire, mais les infrastructures ont du mal à répondre à la demande mondiale. Comment la crise du Covid met-elle en avant les forces et faiblesses de l’industrie indienne ?

Flacons de Covishield, le vaccin contre le coronavirus Covid-19 d'AstraZeneca-Oxford, dans le laboratoire de fabrication au Serum Institute d'Inde à Pune, le 22 janvier 2021.
Flacons de Covishield, le vaccin contre le coronavirus Covid-19 d’AstraZeneca-Oxford, dans le laboratoire de fabrication au Serum Institute d’Inde à Pune, le 22 janvier 2021.• Crédits :  Punit PARANJPE – AFP

Forte d’une main d’œuvre qualifiée et de coûts de production peu élevés, l’Inde s’est progressivement imposée comme l’épicentre de l’industrie pharmaceutique mondiale. Ce succès doit beaucoup à une législation longtemps permissive sur les brevets, et au développement de l’ingénierie inverse, c’est-à-dire la capacité à décomposer une molécule pour la reproduire.

L’Inde s’est retrouvée en première ligne pour la production de vaccins contre le Covid-19 et face à l’augmentation accrue des cas sur son propre territoire, le pays a choisi de réserver les doses pour sa population. C’est pourquoi le pays a demandé, pour l’instant sans succès, la levée des brevets sur les autres vaccins. Mais au-delà des questions de propriété intellectuelle, la pandémie questionne les capacités de production de l’Inde. Si elle dispose de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire, il n’est pas certain que ses infrastructures suffisent à répondre à cette demande mondiale inédite.

Comment la pandémie met en évidence les forces et les faiblesses de l’industrie pharmaceutique indienne, mais également la dépendance du reste du monde à ce secteur-clé ? Quel impact son développement a-t-il eu sur l’économie et la société ? Quelles sont les perspectives d’évolution de cette industrie massive, pour l’heure restreinte à la reproduction de molécules élaborées ailleurs et à la sous-traitance ?https://7cc5e749ebfcc7155b5c595cb653f1f8.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-38/html/container.html

Entretien avec Jean-Joseph Boillot, économiste, chercheur associé à l’Iris, spécialiste de l’Inde et Samira Guennif, économiste, maître de conférences à l’Université Paris 13, spécialiste de l’économie du médicament et de l’économie du brevet.

La modification du système de brevet dans les années 70 a permis à l’industrie indienne de se développer sur une base nationale. Puis, dans les années 90, l’Inde connaît une ouverture sur le reste du monde et vise le marché américain, qui commence à promouvoir le générique. Le gouvernement indien va permettre aux entreprises de pouvoir s’orienter progressivement sur le marché d’extérieur. C’est pourquoi aujourd’hui il s’agit d’une industrie d’exportation. Samira Guennif

Cette catastrophe sanitaire met à nu la mondialisation conçue par les grands laboratoires. Elle révèle la façon dont un certain nombre de pays en développement ont délaissé la santé publique. En l’occurrence, l’Inde a privatisé la totalité de la santé. Jean-Joseph Boillot

Seconde partie – le focus du jour 

L’Etat du Gujarat, pépinière de TPE et PME pharmaceutiques

Le très libéral Etat du Gujarat, d’où est originaire le Premier ministre Narendra Modi, abrite de nombreuses moyennes voire très petites entreprises, en particulier dans sa ville principale : Ahmedabad. Des fabricants de gélules aux spécialistes du marketing du médicament, les TPE-PME pharmaceutiques influencent profondément le développement local, et contribuent à renforcer les connexions entre la région et le reste du monde.

En compagnie de Yves-Marie Rault Chodankar, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université d’Artois, chercheur associé au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA). 

A partir des années 90, l’Etat a mis en place des exemptions fiscales pour l’installation d’unités de production dans un certain nombre d’Etats considérés comme arriérés. Des investissements ont été faits dans des villes comme Badi où se trouvent plus de 50 000 travailleurs, souvent migrants, dans ces entreprises. Yves-Marie Rault Chodankar

Une émission préparée par Margaux Leridon. 

Références sonores 

  • Suvashish Chakravarty, directeur des urgences d’une clinique en proche banlieue de New Dehli dresse un tableau alarmant de la situation sanitaire suite à une augmentation exponentielle du nombre de cas de COVID 19 (Extrait du reportage « Inde : Covid, l’explosion » d’Antoine Védeilhé diffusé sur Arte le 30 avril 2021)
  • Anisha Malik, médecin au Madan Mohan Malaviya Hospitazl à Dehli explique qu’elle doit espacer les doses de vaccination suite à une pénurie de vaccins échange entre une patiente vaccinée à l’Astrazenca et un gardien du même hôpital (LCI, 17 mai 2021)
  • Dr Sunela Garg, conseillère de la campagne de vaccination à New-Delhi explique que l’Inde doit limiter ses exportations de vaccins et évoque le « nationalisme du vaccin » (France 2, 30 mars 2021)
  • Hemant G. Koshia, commissaire de la Food and Drug Control Administration du Gujarat, précise le rôle prépondérant de l’Etat du Gujarat dans la production de médicaments (Global Business report, juillet 2020)

Références musicales 

  • « Love on a real train » de Tangerine Dream (Label : Virgin)
  • « Hausla » (= « Courage ») titre composé en avril 2020 par un collectif d’artistes, de chanteurs et de musiciens indiens

BIBLIOGRAPHIE 

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Utopies made in monde : le sage et l’économisteJean-Joseph BoillotOdile Jacob, 2021

  • Jean-Joseph BoillotProfesseur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, chercheur à l’IRIS spécialiste des grands pays émergents
  • Samira GuennifEconomiste, maître de conférences à l’Université Paris 13, spécialiste de l’économie du médicament et de l’économie du brevet
  • Yves-Marie Rault ChodankarAttaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université d’Artois, chercheur associé au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA)

Pour écouter l’émission

https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/la-force-du-made-asia-24-inde-la-grande-pharmacie?fbclid=IwAR3wu1X25lbwWyRiqlAbayLTMyKYbgo9cvwA81BNH3q0SIjNYpKodqkBQWE

Subhash Palekar, pionnier de l’agriculture naturelle en Inde

Un monde agricole en crise

En Inde, le secteur agricole a été dominé ces 40 dernières années par le modèle de production industrielle hérité de la Révolution Verte, qui devait permettre d’augmenter significativement la productivité et la production afin d’atteindre l’auto-suffisance alimentaire et mettre un terme aux famines qui touchaient régulièrement la population indienne.

La Révolution verte (années 60-70) est basée sur les transferts de technologies, une utilisation intensive des produits chimiques (pesticides, insecticides, engrais) et l’adoption de variétés hybrides à haut rendement, exigeant de grandes quantités d’eau et impliquant des travaux d’irrigation coûteux.

Mais alors que la production a effectivement augmenté de manière conséquente, mettant fin aux famines récurrentes, le secteur agricole connaît une crise profonde depuis les années quatre-vingt-dix. La Révolution verte a montré ses limites et ses insuffisances sur le long terme (Cf. En Inde, la révolution verte tourne au brun) : appauvrissement et salinisation des sols, coûts de production élevés, pollution des nappes phréatiques. Elle est aujourd’hui considérée comme l’une des principales causes du calvaire des paysans indiens pris au piège de la dette, contractée afin d’acheter des intrants de plus en plus chers tandis que la productivité stagne voire décline. La croissance du secteur agricole n’était ainsi que de 4,5 % en 2007-08 (3,8 % en 2006-07) comparée à la croissance économique nationale de 9 %.

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Baudelaire et l’Inde

Within the framework of “La Francophonie”, a day dedicated to the French language and speakers, and on the occasion of the bicentenary of Charles Baudelaire, a  webinar organized by French Institute in India, on “Baudelaire et l’Inde” in partnership with the University of Rajasthan. In this webinar French experts on Baudelaire, Prof. André Guyaux, membre du comité de direction de L’Année Baudelaire, Aurélia Cervoni, and Andrea Schellino, responsables du “Groupe Baudelaire” de l’Institut des textes et manuscrits modernes (CNRS – ENS-Ulm) Sorbonne Université talk about the poet’s journey to the Indies, how India features in his works and literature in India at the time of Baudelaire. The conference  is moderated by Dr. Christine Cornet, Attaché for Books and Ideas at the French Institute in India.

FRIDAY, 9th April 2021 | 2:30 PM – 4:00 PM

La paix avec le Pakistan est-elle possible?

L’Inde a de nombreuses autres raisons de poursuivre les hostilités, surtout aujourd’hui où nous avons un gouvernement dont les porte-parole et les partisans utilisent le mot pakistanais comme un terme d’abus.

Pendant un bref instant la semaine dernière, il a semblé que les hostilités entre nous et la République islamiste voisine commençaient à diminuer. Le Pakistan s’est montré intéressé par l’importation de sucre et de coton indiens, ce qui aurait signifié la relance du commerce même si les relations diplomatiques restaient suspendues. Puis, soudain, le cabinet d’Imran Khan a déclaré que tant que l’article 370 ne serait pas rétabli, il n’y aurait pas de commerce. Après l’abrogation de l’article 370, le 5 août 2019, le Premier ministre du Pakistan s’est donné pour mission d’essayer d’amener le monde islamique à censurer l’Inde pour avoir mis fin au statut spécial de l’ancien État du Jammu-et-Cachemire. Il est allé jusqu’à se nommer «ambassadeur du Cachemire» mais n’a pas réussi à obtenir beaucoup de soutien.

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B.1.617, le variant «double mutant» qui effraie l’Inde et se propage déjà dans le monde

Le deuxième pays le plus touché par le Covid-19 fait face à une seconde vague beaucoup plus forte que la première. Les variants en seraient notamment responsables.

Avec 13,9 millions d'infections au Covid-19, l'Inde compte désormais le deuxième plus grand nombre de cas au monde, devant le Brésil. | Sujit Jaiswal / AFP

Avec 13,9 millions d’infections au Covid-19, l’Inde compte désormais le deuxième plus grand nombre de cas au monde, devant le Brésil. | Sujit Jaiswal / AFP

Le Covid-19 et ses variants n’ont pas fini de faire trembler la planète. Partout sur le globe, de nouvelles souches du virus émergent semaine après semaine. Parmi elles, certaines semblent davantage inquiéter les scientifiques que d’autres.

Plus contagieuses et virulentes, ces nouvelles souches font des ravages, notamment au Brésil avec le variant P.1. Pendant que nos projecteurs sont tournés de l’autre côté de l’Atlantique, une mutation fait son trou en Asie, et plus spécifiquement en Inde.

Depuis plusieurs semaines, le pays fait face à une impressionnante flambée des cas de Covid-19. Une vague encore plus importante que la première, qui avait fait plier le géant aux pieds d’argile à l’été 2020.

Double mutation, doubles complications

Plusieurs variants circulent actuellement sur le territoire indien, comme le B.1.36, un variant local qui se propage depuis plusieurs mois au sud du pays, près de Bangalore.

Pourtant, depuis le début de l’année, et encore plus ces dernières semaines, c’est un autre variant qui retient l’attention des scientifiques: le B.1.617, surnommé «double mutant». Détecté pour la première fois le 7 décembre 2020 sur le territoire, il s’est depuis propagé, notamment dans le Maharashtra, à Delhi et dans le Punjab, des endroits particulièrement concernés par la recrudescence du virus.

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La France nomme des ambassadeurs d’anciens élèves pour promouvoir les liens éducatifs en Inde

Charles Foucault, Yourtopia.fr le 17 avril 2021

DELHI : L’ambassade de France à Delhi a lancé un programme d’ambassadeurs d’anciens élèves pour promouvoir de meilleurs liens interpersonnels entre l’Inde et la France lors de la visite de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France, en Inde en début de semaine. Quinze anciens ambassadeurs ont été intronisés dans le programme 2021-2023 lors d’une cérémonie d’investiture dans la capitale mardi.

La France s’est fixé comme objectif que 20 000 étudiants indiens étudient dans des établissements d’enseignement supérieur à travers le pays d’ici 2025, a déclaré le ministre Le Drian lors du programme. En 2019, 10000 étudiants indiens étudiaient en France, selon un porte-parole de l’ambassade de France.

Scientifique, entrepreneur en technologie de pointe et professeur associé à l’IIT-Delhi Le Dr Manan Suri – qui est l’un des ambassadeurs du programme – estime que les collaborations de recherche actives entre étudiants et universitaires indiens et français sont un avantage pour les établissements d’enseignement supérieur dans les deux pays. «Les perspectives de projets postdoctoraux indo-français scientifiques et technologiques ouvrent des portes aux étudiants indiens se rendant en France et inversement aux étudiants français venant en Inde. Je suis un défenseur d’une telle mobilité des étudiants et des scientifiques seniors au niveau de la recherche avancée », a déclaré Suri, qui a fait son doctorat en ingénierie à Grenoble INP en France en 2013 (Times of India.com).

Le programme des ambassadeurs des anciens, selon un porte-parole de l’ambassade de France, est une plate-forme pour les membres éminents de la prestigieuse section France Alumni – Inde, qui ont connu le meilleur des deux mondes et ont connu un succès phénoménal dans leurs domaines respectifs. . Ces ambassadeurs sélectionnés participeront à la promotion des programmes d’études en France auprès des étudiants indiens.

Abhimanyu Panwar – entrepreneur sportif, marin professionnel et ambassadeur d’anciens élèves – a déclaré qu’étudier en France offre aux étudiants indiens les meilleures opportunités de stages et d’emplois pendant et après les études. «Je suis allé à la Brest Business School pour suivre un cours en 2018. Outre mes études sur le campus en France, j’ai également reçu une bourse dans le cadre du programme Erasmus pour voyager en Italie au cours de mon dernier semestre pendant trois mois», a-t-il déclaré. «Professionnellement, l’expérience de l’éducation et des stages en Europe a été un grand coup de pouce pour mon parcours entrepreneurial.» Il a le sentiment que, alors que les campus en France s’ouvrent après la pandémie, les étudiants indiens sont très enthousiastes à l’idée d’y suivre des cours.

On en parle

[CHRONIQUE DE BLOGUEUR]

PASSION POLAR

MEURTRES À MAHIM de Jerry Pinto

« Bombay dédaigne la nuit. Lorsque l’astre du jour sombre dans l’océan, l’obscurité n’en profite pas pour autant. Ses tentatives d’engloutir la cité sont tenues en échec par les myriades de néons qui, le soir venu, s’allument en clignotant, et par les torchères de gaz naturel de la zone portuaire, dont les lueurs blafardes illuminent les flanc de la colline que les enfants appellent  » la tombe du géant ». Quand tombe le crépuscule, seuls quelques recoins isolés sont gagnés par les ténèbres. »La chronique de ce ouvrage est un petit évènement pour Passion Polar. C’est en effet la première fois depuis dix que ce site existe, que j’ai le plaisir de lire, et donc de chroniquer, un roman indien !L’occasion aussi de découvrir un éditeur que je ne connaissais pas jusqu’ici, les éditions Banyan, qui semblent se spécialiser dans la littérature de ce sous-continent.


Suite de la chronique, c’est par ici : https://urlz.fr/fg8l

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Interview revue Indigo

Voici le dernier numéro de la très belle revue Indigo qui vient de paraître !

Revue des Arts et des Cultures, engagée et solidaire d’une présence au monde, donnant la voix à des écrivains et artistes en tous genres, le tout dans un travail de mise en page très soigné, une qualité du papier très agréable. Les images à l’intérieur sont magnifiques, colorées. Bref, un travail éditorial d’une qualité irréprochable que nous devons au fondateur de cette revue, Dominique Aiss.

Où est-ce que je peux la trouver ?

Vous pouvez commander Indigo en pdf directement sur le site ou en la commandant directement auprès de votre libraire.

https://www.indigo-lemag.com/…/indigo-fevrier-2021…/

Abonnement papier

https://www.indigo-lemag.com/abonnements-edition-papier/

Abonnement pdf

https://www.indigo-lemag.com/abonnements-edition-digitale/

C’est avec grand plaisir que j’ai répondu à l’interview de Raoto Andriamanambe pour Indigo que vous trouvez ci-joint.

David Aimé

Éditions Banyan

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PRÉSENTATION DES ÉDITIONS

& INTERVIEW DE DAVID AIMÉ

Par Raoto Andriamanambe

Indigo. Pourquoi les Éditions Banyan ont-elles choisi l’Inde ?

David Aimé. Parce que l’Inde, c’est d’abord l’universalité. Ayant été insatisfait de la production actuelle de littérature indienne en France, je voulais lui rendre ce qu’elle m’a donné. Il y a un manque de curiosité et d’amour des éditeurs français pour la littérature indienne. En effet, on peut déplorer qu’aucun travail de fond ne soit effectué par les éditeurs pour faire connaître les langues régionales de l’Inde. Raison pour laquelle les Éditions Banyan se sont engagées à démocratiser la littérature indienne, offrir ses trésors au lecteur français et surtout sortir de l’image stéréotypée dont ce pays est souvent l’objet, en donnant la voix    à des auteurs qui écrivent dans leur langue maternelle et qui ont fait le choix de rester vivre dans leur pays.

Les Éditions Banyan, comme beaucoup d’autres, naviguent sur les eaux tempétueuses du monde, mais en restant proches de ces choses qui nous occupent, l’universel… Et qui mieux que l’Inde, dont la langue millénaire, le sanskrit, donna naissance à unequantité d’autres langues et de dialectes, nous offre aujourd’hui une si foisonnante littérature ? Toutes ces langues qui irriguent le génie littéraire de l’Inde, qui le portent plus loin et parfois au-delà de ses frontières, gardant en son sein le souvenir de sa source inépuisable, lumineuse, ocellés s’offrent à l’océan du monde et des autres hommes.

À travers le ruissellement fluide et majestueux de sa littérature, le cœur de l’Inde bat au rythme de ses langues régionales qui composent elles-mêmes tout un monde, telles des ondulations lumineuses, profondes, intimes, puissantes — grandes âmes si pleines du cycle de la vie. Mais la littérature indienne ne saurait se résumer à un rêve délicat destiné à celles et ceux qui aspirent à un peu de beauté. Elle est aussi guerrière, courageuse, patiente, dotée d’une simple armure, le stylo, pour lutter contre les adversités de la vie. Elle sait faire entendre la voix de la justice la plus haute et du bon sens le plus humain pour ne jamais rendre les armes et toujours continuer à aller de l’avant.

Multilingue et multiforme, son degré de variété n’est comparable à aucune autre littérature au monde. Chacune des langues de l’Inde, forte de sa propre matrice de sons et de phrasés, déploie un univers imaginaire différent, riche de ses mythes et croyances, de ses structures sociales, de sa vision de l’histoire et du temps.

I. Qu’est-ce qui vous a poussé à ce projet ?

D.  Un besoin… de beauté, d’harmonie, d’unité. La littérature indienne, si diverse et si riche, est l’une des plus belles au monde.

I. La culture indienne (yoga, musique) est assez connue, pourquoi la littérature peine-t-elle à se faire connaître ?

D. Tout d’abord par un manque de curiosité des éditeurs français. Il y a les éditeurs littéraires (aujourd’hui presque industriels) et les éditeurs engagés. Ces derniers s’inscrivent dans un engagement total, sans calcul de profit immédiat. Ce sont généralement des petites structures qui s’emploient courageusement à effectuer ce travail de fond. En littérature indienne, force est de constater que nous sommes loin d’une abondante production éditoriale. Dans la presse journalistique littéraire française, on attend depuis Salman Rushdie et Vikram Seth (pour les plus connus) une renaissance littéraire indienne. Encore faut-il pour cela prendre quelques initiatives… et faire naître ainsi quelques affinités esthétiques littéraires pour toucher au cœur les lecteurs. 

Toute empreinte littéraire durable passe par la beauté, la saveur et la richesse d’un pays. Pour un éditeur, c’est un travail méticuleux que de défricher le meilleur de cette littérature. Les Éditions Banyan, sorte de Janus, travaillent à contre-courant, elles ne répondent pas à l’offre et la demande. Sa seule stratégie « commerciale » : le travail, la générosité, l’ouverture, son amour de l’Inde.

Malgré l’effort des éditeurs français depuis le début des années 1990 pour faire connaître la littérature indienne, la culture de l’Inde reste encore méconnue du grand public. Il est encourageant d’observer une multiplication de manifestations culturelles sur l’Inde en France. L’Inde a été à deux reprises l’invitée d’honneur du salon Livre Paris, en 2007 puis en 2020 (édition malheureusement annulée en raison de la crise sanitaire), et mise en lumière lors du festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo par exemple. Mais il reste encore beaucoup d’auteurs à découvrir.

Bien avant que l’anglais ne devienne une langue indienne, il y avait le français. Dans les anciennes colonies françaises comme Pondichéry, on retrouve encore des échos de ce qui a été pendant trois siècles la voix du pouvoir officiel. L’usage du français reste toujours présent à Pondichéry, enseigné dans les écoles et utilisé dans les administrations. C’est une langue littéraire qui reste vivante, des écrivains nés dans ces anciennes colonies ou en France ont décidé d’écrire dans cette langue.

Parce qu’elle est riche, puissante et symbole de l’humanisme.

La littérature française d’expression reste encore méconnue. Les Éditions Banyan, avec la collaboration d’une chercheuse indienne francophile, vont s’employer à faire découvrir des textes oubliés, certains non publiés encore.

I. Comment la littérature indienne se définit-elle ?

D.  Elle se définit en premier lieu par la richesse de sa littérature, la plus diversifiée au monde. La diversité de ses langues indique sa diversité culturelle, et affecte tous les aspects de sa vie nationale depuis des temps immémoriaux. La constitution de l’Inde a approuvé 23 langues, notamment l’hindi, le bengali, l’ourdou, le tamoul, le gujarati et le marathi, et parmi ces langues, 1700 dialectes.

La quasi-suprématie de la langue anglaise, conséquence de trois siècles de colonisation britannique, affecte malheureusement les langues autochtones. L’auteur Aatish Taseer a récemment publié un article passionnant dans le New York Times sur l’effet de la hiérarchie de la linguistique de l’Inde. « L’anglais n’est pas une langue en Inde », m’a dit un jour un ami, « c’est une classe ». D’ailleurs, la plupart des écrivains indiens de langue anglaise sont issus des universités britanniques.

Les littératures indiennes se démocratisent de plus en plus. De grandes maisons d’édition indiennes et internationales, telles que Penguin, HarperCollins, Random House et d’autres encore, mais aussi des petites structures, ont compris l’importance de s’occuper ardemment des littératures régionales de l’Inde. 

En effet, le meilleur de cette littérature nous vient de l’intérieur du pays et non de la diaspora, car elle regroupe les seuls auteurs à même de décrire ce que vivent les Indiens.

La littérature indienne, c’est aussi la littérature dalit (intouchable), qui rend compte du rejet des membres de cette non caste par la société indienne, dans tous les aspects de la vie, mais qui, par son esthétisme et son courage à lutter contre l’injustice, la place au rang de littérature héroïque. Les Éditions Banyan vont lui donner la voix qu’elle mérite. Vous l’aurez compris, le 21ème siècle jettera l’ancre sur les littératures régionales de l’Inde, l’avenir, à travers des romans ambitieux et originaux. De vrais trésors à découvrir !

De bonnes traductions en français (il y a un réel déficit d’élèves à l’INALCO en traduction littéraire, particulièrement en bengali, tamoul, malayalam, kannada) enrichiraient cette littérature et permettraient d’établir un pont entre l’Inde et la France.

J’y reviendrai plus loin. Je pense aussi que des formations au métier de traducteur devraient être créées en Inde, ainsi que des ateliers de traduction dans les universités indiennes si nous voulons avoir accès à la production bouillonnante et éclectique de cette littérature qui n’en finira jamais de nous étonner. 

I. Voulez-vous créer un pont littéraire entre l’Occident et l’Orient ?

D. Je souhaite établir une passerelle culturelle et littéraire entre l’Inde et la France, deux pays très proches dans leurs idéaux. Voici ce que dit Kireet Joshi, ancien ministre de l’Éducation d’Indira Gandhi et ex-Président du Conseil indien de la recherche philosophique :

« Aussi l’Inde et la France peuvent-elles

ce serait l’union de l’esprit et de l’intellect pur.

et doivent-elles marcher ensemble ;

La jonction de ces deux grands pouvoirs rendrait

l’humanité victorieuse. »

Quelques poètes, écrivains, philosophes et savants français se sont inspirés des textes indiens dans leurs œuvres, y chantant la beauté et la grandeur de l’Inde.

Pour Michelet, par exemple :

« L’Inde, plus voisine que nous de la création, a mieux gardé la tradition de la fraternité universelle. Elle l’a inscrite au début et à la fin de deux grands poèmes sacrés, le Ramayana et le Mahabharata, gigantesques pyramides devant lesquelles toutes nos petites œuvres occidentales doivent se tenir humbles et respectueuses. Quand vous serez fatigué de cet Occident disputeur, donnez-vous, je vous prie, la douceur de revenir à votre mère, à cette majestueuse antiquité, si noble et si tendre. Amour, humilité, grandeur, vous y trouvez tout réuni, et dans un sentiment si simple, si détaché de toute misère d’orgueil, qu’on n’a jamais besoin d’y parler d’humilité. (…) [En Inde,] tant de guerres, tant de désastres et de servitudes, n’ont pu tarir la mamelle de la vache sacrée. Un fleuve de lait coule toujours pour cette terre bénie… bénie de sa propre bonté, de ses doux ménagements pour la créature inférieure ».

Ou encore :

« C’est la première où j’ai pu lire le grand poème sacré de l’Inde, le divin Râmayana. … Tout est étroit dans l’Occident. La Grèce est petite : j’étouffe. La Judée est sèche : je halette. Laissez-moi un peu regarder du côté de la haute Asie, vers le profond Orient. J’ai là mon immense poème, vaste comme la mer des Indes, béni, doré du soleil, livre d’harmonie divine où rien ne fait dissonance. Une aimable paix y règne, et même au milieu des combats une douceur infinie, une fraternité sans borne qui s’étend à tout ce qui vit, un océan (sans fond ni rive) d’amour, de pitié, de clémence. J’ai trouvé ce que je cherchais : la bible de la bonté. Reçois-moi donc, grand poème !… Que j’y plonge !… C’est la mer de lait. »

Pour Edgar Quinet :

« L’Inde a fait plus haut que personne ce qu’on peut appeler la déclaration des droits de l’Être. »

« Ce moi divin, cette société de l’infini avec lui-même, voilà évidemment le fondement, la racine de toute vie, de toute histoire. »

« Une plus large charité de l’esprit humain, la charité envers la nature entière. C’est le sceau de toute cette littérature indienne : l’humanité ! »

Citons aussi :

« C’est en Orient que nous devons chercher le suprême romantisme. » Schlegel

« Plier le genou devant la philosophie orientale et de voir dans ce berceau de la race humaine la terre natale de la plus haute philosophie ». Victor Cousin

L’œuvre de Victor Hugo rejoint cette recherche de l’Absolu que l’on retrouve dans les textes classiques de l’Inde. « Hugo était un génie puissant » disait Sri Aurobindo.

Je pourrais citer encore pléthore de noms : Lamartine, Vigny, Baudelaire Flaubert, Jules Verne, Romain Rolland, Antonin Artaud, Jean Biés, Malraux… ainsi que d’illustres écrivains et philosophes allemands.

Dans les échanges franco-indiens, Malraux, grand amoureux de l’Inde, a beaucoup œuvré lorsqu’il était ministre chargé des Affaires culturelles pour ce rapprochement, tout comme Maurice Schumann, secrétaire d’État aux affaires étrangères et bras droit du Général de Gaulle.

À la fin de l’année 1947, quelques jours après l’indépendance de l’Inde, Maurice Schumann, chef de la mission culturelle française déléguée par le Gouvernement français, est chargé par le chef du Gouvernement Ramadier de négocier le sort des cinq comptoirs français en Inde. Dans les bouleversements que connaît l’Inde de l’époque, il obtient une entrevue avec Sri Aurobindo qui, au cours de cette conversation amicale, déclara que la France était le pays qu’il aimait le plus après l’Inde. Il suggéra d’ouvrir une université à Pondichéry qui offrirait la possibilité aux étudiants des quatre coins du monde d’étudier les civilisations indiennes. Malheureusement, une université qui ne verra jamais le jour.

Pour les Indiens, la France est l’Inde de l’Europe.

Nous avons donc des devoirs vis-à-vis d’elle.

I. Quel lien entretenez-vous / tissez-vous avec l’Inde ?

D. Un lien essentiellement littéraire. Je m’y promène intellectuellement, métaphysiquement, philosophiquement et spirituellement, quotidiennement, là où je suis, à Paris. Mon rapport à l’Inde est solitaire, sa seule présence suffit à ma joie. Plus tard, quand le temps me le permettra, j’y retournerai ! Bharat Mata.

Rakesh Tikait, le paysan qui défie le pouvoir indien

Rakesh Tikait  ( wearing an orange turban ) at the Gazhipur Farmers protest at the New Delhi- Uttar Pradesh Border. Farmers have now been sitting in protest on the highway bordering the national capital for nearly three months against the 3 Farm Bills introduced by the goverment. The farmers beleive that the new laws will make it impossible for them to continue agriculture and that the laws are a ploy to allow big business to take over agriculture and farming in India.

Fils d’une légende du monde agricole, ce syndicaliste incarne la révolte des agriculteurs qui campent depuis bientôt trois mois aux portes de la capitale de l’Inde, New Delhi.

Rendez-vous avait été fixé, à l’entrée d’une forêt, à la sortie d’une ville poussiéreuse de l’Uttar Pradesh, à une vingtaine de kilomètres de New Delhi. « On viendra vous chercher. On ne peut pas vous donner l’adresse où il sera. » A l’heure dite, 8 heures, ni voiture ni fermier. Le téléphone du correspondant sonne dans le vide.

On sillonne alors à tout hasard les chemins alentour. Une grande bâtisse réservée aux mariages apparaît. Elle est vide de convives. Un peu plus loin, un chemin de terre mène à un bâtiment en plein milieu d’un champ, protégé par de hauts murs de couleur rose.Le portail laisse entrevoir la présence de grosses cylindrées, pavoisées aux couleurs d’un syndicat agricole. C’est un ashram, avec son temple hindou. Au centre de la cour, un homme assis sur une chaise, un tablier noir noué autour du cou.

Rakesh Tikait, un grand costaud au visage rond, se fait tailler barbe et moustache et ajuster sa coupe de cheveux. Il est habillé de frais. Pantalon et kurta blanc. Les membres de son équipe s’inclinent en le saluant avant de lui toucher les pieds, en signe de respect. On lui apporte son petit déjeuner. Il termine sa toilette, se pare d’une longue écharpe et d’un petit chapeau blanc et vert, la couleur du syndicat dont il est le porte-parole.

Rakesh Tikait (tunique blanche), lors de la manifestation des agriculteurs à Ghazipur, à la frontière entre Delhi et l’Uttar Pradesh, le 11 février. | ISHAN TANKA POUR « LE MONDE »

Cet homme de 51 ans, marié, père de trois enfants, originaire de Sisauli, à l’ouest de l’Uttar Pradesh, au cœur d’une région de canne à sucre, est la nouvelle figure de la révolte paysanne qui défie le gouvernement de Narendra Modi, le premier ministre indien. Des dizaines de milliers d’agriculteurs du nord de l’Inde, menés par 40 organisations syndicales, campent sur trois autoroutes et périphériques aux portes de la capitale depuis bientôt trois mois, aux frontières de l’Haryana et de l’Uttar Pradesh, pour exiger l’abrogation de trois lois votées en septembre 2020 par le Parlement, au plus fort de la pandémie de Covid-19.

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Comment l’émancipation féminine en Inde est née au sein d’une société littéraire

Dans la très traditionnelle société indienne du XIXe siècle est née une association dissidente : le Bombay Sorosis. Ce cercle littéraire féminin avait adopté une devise provocatrice : « Le monde a aussi été fait pour les femmes ».

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Le 10 juillet 1889, la médecin et féministe Emma Brainerd-Ryder invite des femmes de la région de Bombay à se réunir pour lire et échanger sur le monde et les écrivaines qui l’ont façonné. À cette époque, les jeunes filles qui répondent à l’appel sont toute mariées et l’Américaine doit expliquer en détail aux maris, belles-mères et autres chaperons familiaux, les tenants et aboutissants de son projet avant d’être autorisée à planifier la première réunion. Au final, 47 femmes se tiendront face à elle au sein de l’école pour filles Alexandra, non loin de la capitale. 

Ce groupe de discussion, centré sur la littérature, semble de prime abord loin d’avoir des prétentions révolutionnaires, mais ce moment symbolique soulève l’enthousiasme de la presse féministe occidentale. Le Women’s Journal qualifie ainsi cette première réunion de « première société littéraire pour femmes originaires d’Inde ».

Au XIXe siècle « les mariages de famille, les naissances et les décès — et pour le reste les plus simples bagatelles — constituaient la somme totale des expériences des femmes indiennes », écrit l’historienne et écrivaine Margaret Boehme Denning dans Mosaics from India. « L’histoire, les actes d’héroïsme et la vie courante semblaient à peine les atteindre. »

Une autre réunion officielle du groupe suivit en octobre où le nom officiel Bombay Sorosis fut choisi et la fameuse devise adoptée. « Sorosis » était aussi nom donné à un club de femmes créé à New York en 1868 (repris par des sociétés littéraires similaires dans d’autres villes américaines). Jennie June Croly fonda le New York Sorosis après qu’elle et d’autres femmes journalistes se firent exclure d’un dîner officiel avec le romancier britannique en visite Charles Dickens.

Les « petites femmes »

En plus de pratiquer la médecine, Emma Brainerd-Ryder était une grande voyageuse : elle posa ses valises dans de nombreux pays, instillant ses idées féministes aux quatre coins du globe. Un an après avoir fondé Bombay Sorosis, Brainerd-Ryder décida de créer une  école technique pour femmes. 

En plus de compétences utiles pour le milieu professionnel comme la comptabilité ou la couture elle souhaitait que l’établissement participe à leur l’émancipation. Comme avec Bombay Sorosis, elle essaya de nouveau de convaincre les différents chaperons familiaux, qui ne cédèrent que contre paiement. Les maris se présentaient ainsi tous les samedis matin pour récupérer l’argent que leurs épouses avaient gagné en suivant les cours de la semaine. 

Au moment de son départ pour le Sri Lanka puis pour l’Australie en 1892, le Bombay Sorosis comptait 200 membres, dont beaucoup choisirent d’assister aux réunions par correspondance. La situation en Inde, et notamment les mariages forcés, choquèrent profondément Brainerd-Ryder et lui inspirèrent un ouvrage : The Little Wives of India, où elle témoigne de son expérience de médecin au chevet des petites filles traumatisées. 

« Un homme peut être une créature vile et répugnante ; il peut être aveugle, fou, idiot, lépreux ; il peut avoir cinquante, soixante-dix ou cent ans, et peut-être marié à un bébé de cinq ou dix ans qui déteste sa présence, mais s’il la réclame, la loi anglaise pour la “restitution des droits conjugaux” l’oblige à rester en son pouvoir et l’emprisonne si elle refuse. »

Via Scroll in

Crédit photo : The History of the Woman’s Club Movement in America – Jane Cunningham Croly

https://actualitte.com/article/4986/presse/comment-l-emancipation-feminine-en-inde-est-nee-au-sein-d-une-societe-litteraire

PUBLIÉ LE :

22/10/2020 à 17:06

Gariépy Raphaël