Jean Herbert : entretien avec Jean Biès

Jean Herbert : entretien avec Jean Biès (Vandoeuvres, 1974)

Cet entretien a eu lieu à Van­dœuvres, en Suisse, le 13 mars 1974. Jean Herbert est mort le 20 août 1980.
Gandhi, Vinôbà Bhave, Shri Ramakrishna, Swami Vivekananda, Swâmi Ramdas, Shri Aurobindo, Ramana Maharshi, Ma Ananda Moyi… Les « sages de l’Inde contemporaine »… Ces noms sont désor­mais liés à celui de Jean Herbert, sans qui nous ne les connaîtrions que peu ou pas du tout. Des noms qui sont aussi des paroles de vie, des enseignements capitaux, où l’Occident en dérive puise les éléments de l’éternelle sagesse et les possibles d’une humanité future. À ce titre, Jean Herbert n’apparaît pas seulement comme un traducteur ou un vul­garisateur de talent, mais comme un humaniste et un précurseur, à la fois sensible au rapprochement des peuples d’Orient et d’Occident, et soucieux d’une unité mondiale par le haut.Lire la suite »

Mohenjodaro (civilisation de la vallée de l’Indus)

Le site de Mohenjo Daro situé au Pakistan, près de la frontière indienne où s’est développée il y a six mille ans la civilisation de l’Indus, a révélé une cité vieille de 5 000 ans équipée d’infrastructures dignes des cités égyptiennes, notamment des systèmes de chasse d’eau et d’égouts complexes.

Drone view of Mohenjodaro (The Indus Valley Civilization)

Amar Jaleel at Mohenjo Daro

Jejuri d’Arun Kolatkar

Chers amis,

Nous avons le plaisir de vous annoncer la parution d’un nouvel ouvrage aux Éditions Banyan :

Jejuri d’Arun Kolatkar

Traduit de l’anglais (Inde) par Roselyne Sibille

Edition bilingue

Arun Kolatkar, poète marathi de Kolhapur, demeure une voix littéraire de premier plan dans la poésie indienne, son œuvre ayant même obtenu le statut canonique dans la poésie indienne anglaise.Séquence de poèmes d’une simplicité étonnante mais obsédante, Jejuri est l’un des grands livres de l’Inde moderne, récit d’une visite de la ville de Jejuri, haut lieu de pèlerinage situé près de Pune, dans l’État du Maharashtra. Évoquant les rues bondées de la ville, les nombreux sanctuaires et l’histoire mythique des sages et des dieux, le recueil de Kolatkar offre une riche description de l’Inde tout en accomplissant un acte de dévotion complexe.

Kolatkar était à la fois musicien amateur et directeur artistique à succès dans le monde de la publicité de Bombay, ce qui explique peut-être l’acuité de son oreille et de son regard. Oscillant entre l’épigrammatique et l’incantatoire, ces poèmes saisissent un lieu aussi grossièrement commercial que saint, aussi moderne qu’ancien avec ses temples en ruine. Les pages de Jejuri sont peuplées de saints, de mendiants, de prostituées et de prêtres, de rats, de chiens errants et, à l’occasion, d’un papillon, créature dont la beauté éphémère est minutieusement décrite : « Il n’y a pas d’histoire derrière tout cela. / Elle est divisée comme une seconde. / Elle s’articule autour d’elle-même. »

L’essence de ce récit est une quête spirituelle, un effort pour trouver la trace divine dans un monde dégénéré. Épuré, comique, douloureux, chantant, Jejuri est l’œuvre d’un écrivain à la voix unique et visionnaire.

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Un Indien pour sauver « Big Blue »

On ne rappellera jamais assez l’influence de l’Inde sur l’informatique américaine. Elle a fourni les bataillons d’opérateurs aux grandes heures de la mondialisation des services et, désormais, elle alimente le pays en PDG. Trois des plus prestigieuses entreprises informatiques des Etats-Unis sont dirigées par des diplômés des nombreux instituts indiens de technologie – Sundar Pichai, le PDG de Google, Satya Nadella, celui de Microsoft, et Arvind Krishna, celui d’IBM. Comme un besoin vital de sang neuf.

M. Krishna est le plus récent et il a hérité de la tâche la plus lourde. Intronisé PDG d’IBM en avril 2020, il doit sortir la plus ancienne entreprise informatique du monde du sommeil profond dans laquelle elle est plongée depuis près de vingt ans. Sa première grande décision a été annoncée jeudi 8 octobre.

Il va couper l’entreprise en deux, en se séparant de son activité de services d’infrastructures, qui représente, à elle seule, près de 19 milliards de dollars (16,2 milliards d’euros) de chiffre d’affaires et 90 000 personnes. Un virage stratégique majeur, destiné à focaliser la société sur le nouveau Graal de l’informatique, le cloud computing. Cette informatique en réseau permet aux entreprises de ne plus avoir de gros ordinateurs dans leurs locaux et d’utiliser les logiciels comme de simples services Web.

Cette révolution fondamentale représente un nouveau choc pour IBM, qui s’est enrichi grâce à la vente, à l’installation et à l’entretien de machines et de logiciels dans les entreprises. Il faut, à la place, investir lourdement dans de gigantesques centres de données répartis dans le monde et hébergeant les informations et services des clients.

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En Inde, cette école bouleverse le destin des filles

« Ils demandent qui fera le ménage si on envoie leur fille à l’école. » Permettre aux femmes de devenir indépendantes, c’est l’objectif de Pardada Pardadi. En Inde, cette école bouleverse le destin des élèves qui la fréquentent…

En Inde, un groupe scolaire propose une scolarité unique aux filles, de la maternelle à la terminale. Ce sont les écoles Pardada Pardadi.

Dans l’État indien de l’Uttar Pradesh, les écoles Pardada Pardadi offrent aux jeunes filles une éducation scolaire gratuite et unique, de la maternelle à la terminale. Les établissement sont localisés dans la ville d’Anupshahr et comptaient 1.600 élèves en 2019. Chaque élève reçoit du matériel d’étude, des uniformes, de quoi payer le transport, trois repas par jour, des serviettes hygiéniques et des services de santé d’une valeur d’environ 40.000 roupies (soit 465 euros).

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Les atrocités contre les Dalits sont des crimes politiques

Manifestation de militantes indiennes de l'ONG NGO All India Progressive Women's Association (AIPWA), le 1er octobre 2020 à Bangalore, après le viol d'une "intouchable" (dalit) en Uttar Pradesh. (Source : Teller Report)Manifestation de militantes indiennes de l’ONG NGO All India Progressive Women’s Association (AIPWA), le 1er octobre 2020 à Bangalore, après le viol d’une « intouchable » (dalit) en Uttar Pradesh.(Source : Teller Report)

En Uttar Pradesh, une jeune fille, harcelée par des agresseurs de longue date – quatre hommes appartenant à une caste supérieure -, a été attaquée, violée et mutilée dans un champ. Emmenée d’abord dans un hôpital à Aligarh puis à Delhi, elle a succombé à ses blessures ce mardi 29 septembre. Très rapidement la police serait intervenue pour procéder à la crémation sans accord ni présence de sa famille, puis s’est précipitée pour déclarer qu’il n’y avait pas eu de « viol ». Ce dernier scandale témoigne des atrocités quotidiennes contre les Dalits, et les femmes en particulier.

« Nous réclamons le droit de nous armer », a déclaré samedi 3 octobre Chandrasekhar Azad, le très charismatique chef de file du mouvement dalit « Bhim Army », avec le hashtag #Gun_Licence_For_Bahujans – Bajuhan étant un autre terme pour désigner les Dalits.

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Découverte d’une nouvelle espèce de singe en Inde

C’est une histoire qui a commencé par une simple promenade. Christopher Campisano, archéologue à l’université de l’Arizona, et ses collègues grimpaient une colline près du site archéologique de Ramnagar en Inde quand Christopher Campisano a remarqué un petit objet brillant au milieu de la poussière. Au premier coup d’œil, il a su qu’il venait de découvrir quelque chose d’important.

Après analyses, il s’avère que l’objet était une molaire inférieure appartenant à une espèce de singeayant vécu il y a 13 millions d’années, durant le Miocène. Cette espèce, baptisée Kapi ramnagarensis, n’a jamais été décrite auparavant et serait l’ancêtre le plus récent des gibbons actuels. Ils ont publié leur découverte dans Proceedings of The Royal Society B.

La dent trouvée par les scientifiques sur le site archéologique de Ramnagar en Inde. © Christopher C. Gilbert et al. Proceedings of The Royal Society B

La dent trouvée par les scientifiques sur le site archéologique de Ramnagar en Inde. © Christopher C. Gilbert et al. Proceedings of The Royal Society B  

La dent d’un singe inconnu

Cette découverte a eu lieu en 2015. Il a fallu plusieurs années de recherche pour trouver le propriétaire de cette dent. Les scientifiques ont effectué des scanners de la molaire pour comparer sa structure à d’autres dents de singes vivants ou éteints.

« Nos résultats étaient assez convaincants et soulignaient indéniablement les liens étroits de cette dent vieille de 13 millions d’années avec les gibbons », explique Alejandra Ortiz, qui a pris part à cette recherche, dans un communiqué de presse.

Mais aucun fossile relié aux gibbons datant d’il y a environ 13 millions d’années dans cette région n’était documenté. Ceux répertoriés étaient plus récents d’environ cinq millions d’années. Les chercheurs ont donc conclu que la dent appartenait à une nouvelle espèce, Kapi ramnagarensis.

Cette dent permet aussi de dater l’arrivée des premiers Hylobatidés en Asie du Sud-Est depuis l’Afrique. Des fossiles de grands singes, datant également du Miocène, ont été aussi retrouvés dans différents sites de fouille d’Asie du Sud-Est, suggérant que les premiers gibbons ont migré ensemble avec les premiers grands singes et les ancêtres des orangs-outangs.

Carte de la migration des Kapi ramnagarensis jusqu'en Asie du Sud-Est où les gibbons actuels vivent. La dent a été trouvée à mi-chemin au nord de l'Inde. © Lucy Betti-Nash

Carte de la migration des Kapi ramnagarensis jusqu’en Asie du Sud-Est où les gibbons actuels vivent. La dent a été trouvée à mi-chemin au nord de l’Inde. © Lucy Betti-Nash

https://www.futura-sciences.com – le 11/09/20

La France s’affiche aux côtés de l’Inde dans son conflit avec la Chine

La ministre française de la Défense Florence Parly au côté de son homologue indien Rajnath Singh et d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, le 8 octobre 2019 à Mérignac, devant un des Rafale destinés à l’armée de l’air indienne. PHOTO / Régis Duvignau / REUTERS

La ministre française de la Défense Florence Parly au côté de son homologue indien Rajnath Singh et d’Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, le 8 octobre 2019 à Mérignac, devant un des Rafale destinés à l’armée
 de l’air indienne. PHOTO / Régis Duvignau / REUTERS

La ministre française des Armées, Florence Parly, est reçue ce jeudi 10 septembre sur la base militaire indienne d’Ambala afin d’assister à l’incorporation des premiers avions Rafale au sein de l’Indian Air Force.

C’est un geste fort que la France a décidé de faire vis-à-vis de son partenaire stratégique en Asie, ce jeudi 10 septembre. La ministre des Armées, Florence Parly, est en Inde pour participer à l’intégration de cinq Rafale au sein de l’armée de l’air indienne, sur la base d’Ambala, près de Chandigarh, dans le nord du pays. “C’est un message sérieux à la Chine et au Pakistan”, affirme le journal DNA. La cérémonie marque en effet la livraison officielle des premiers des 36 avions de combat commandés à l’avionneur Dassault en septembre 2016, dans un contexte de tensions accrues au Cachemire d’une part et à la frontière himalayenne du Ladakh d’autre part.

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En Inde, la fête du dieu éléphant à l’épreuve du Covid et de l’écologie

Le festival hindou de Ganesh Chaturthi se termine ce mardi 1er septembre par la traditionnelle immersion de milliers de statues à l’effigie de Ganesh, le dieu à tête d’éléphant. L’épidémie de coronavirus chamboule l’organisation du rituel, ce qui pourrait représenter une opportunité écologique.

En Inde, la fête du dieu éléphant à l’épreuve du Covid et de l’écologie
L’effigie de Ganesh sera bientôt précipitée dans la mer d’Arabie, à Bombay, le 12 septembre 2019.RAFIQ MAQBOOL/AP

Pendant dix jours, des effigies de Ganesh, dieu hindou de la sagesse et des commencements, ont décoré les façades, rues et pandal (1) des lieux où résident les communautés hindoues. Dans l’État de Maharashtra (Inde), des milliers de statues de la fameuse divinité à tête d’éléphant parsemaient Bombay, lieu emblématique du festival Ganesh Chaturthi, qui honore chaque année le voyage sur terre de Bappa, descendu du mont Kailash, demeure de ses parents, Shiva et Parvati.

Le rituel de Ganesh Visarjan

Lors du onzième jour des festivités, qui tombe cette année mardi 1erseptembre, les statues de Ganesh sont transportées vers des points d’eau pour y être immergées et s’y dissoudre, une pratique liée au rituel de Ganesh Visarjan, qui marque le retour de Bappa chez lui. « Ce processus de fabrication de statues éphémères, suivi de leur destruction, est récurrent lors des rites hindous. Il rappelle le caractère impermanent de toute chose », explique le père Jacques Scheuer, spécialiste de l’hindouisme, professeur émérite de l’université catholique de Louvain et enseignant au centre Sèvres.

« Le monde est une manifestation de la puissance de la divinité, source créatrice de l’univers. Par la destruction de cette manifestation dans les dimensions extérieures de l’espace et du temps, le monde doit être ramené à l’unité, à son point d’origine au sein de la divinité », précise le jésuite. Un tel rite porte également en lui une signification morale, puisque, selon Jacques Scheuer, « fabriquer des images provisoires, qui durent le temps de la fête pour être enfin abolies et dissoutes, rappelle la nécessité de ne s’attacher à rien ».

Malheureusement, la plupart de ces statues de plâtre, souvent imposantes, et décorées de peinture et fleurs en plastiques, ne se décomposent qu’après plusieurs années, rejetant des substances chimiques dans les eaux qu’elles envahissent. On compte environ 150 000 statues immergées chaque année à Bombay.

« C’est le rite qui importe »

La pollution des eaux liée à l’événement peut sembler contradictoire avec une certaine dimension de la foi hindoue. « Dans l’hindouisme, le ciel, la terre, le cosmos font partie d’un grand tout en communion. » explique Jacques Scheuer. Pourtant, cette assise théologique ne permet pas une prise en compte significative des enjeux écologiques.

« Cette conception cosmique, poursuit le prêtre, qui inclut les animaux et les végétaux, ne signifie pas nécessairement une réflexion concrète sur les dégâts que peut subir l’environnement. Le rite, surtout, est important. »

À ce propos, l’exemple du Gange, « considéré comme ce qu’il y a de plus pur et de plus purifiant », est révélateur. « On y déverse quantité de détritus ou de restes de crémations. On y lave le bétail, les égouts s’y déversent », souligne le jésuite. « Certains milieux hindous prennent conscience de cette contradiction. Mais pour la plupart des gens ça n’est pas important ».

L’opportunité « Covid-19 »

Les dégâts infligés à l’environnement lors du festival ont récemment commencé à être considérés. Ainsi, en 2018, une idole intensément vénérée, Lalbaugcha Raja, qui mesure plus de six mètres de haut, avait été décorée par des matériaux biodégradables. En outre, certains fabricants abandonnent le « plâtre de Paris » au profit de l’argile.

Une solution serait néanmoins de ne pas envahir les points d’eaux avec ces effigies, dont seule une minorité est réellement biodégradable. Or c’est précisément cette solution que l’épidémie de coronavirus encourage. Normes de distanciation sociale obligent, les habituelles processions ne pourront avoir lieu. Par conséquent, la Brihanmumbai Municipal Corporation (BMC), a installé plus de 200 bassins artificiels à travers la ville afin de maintenir la tradition tout en évitant les attroupements. Une manière d’éviter que les statues se perdent dans la nature.

(1) structures provisoires utilisées lors de diverses cérémonies religieuses.

La Croix – Jean-Baptiste Ghins, le 01/09/2020

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