L’Inde, cette grande inconnue

L’historien indien Sanjay Subrahmanyam étudie la vision lacunaire que les Européens avaient des Indiens avant la colonisation anglaise. Et réciproquement.

Dans ce livre savant, Sanjay Subrahmanyam s’interroge sur ce que représente l’Inde pour un Européen entre le XVe et la fin du XVIIIe siècle, c’est-à-dire avant sa colonisation par les Anglais. Historien indien de réputation internationale, travaillant aux Etats-Unis après avoir enseigné plusieurs années à Paris, Sanjay Subrahmanyam sait par expérience les difficultés et les ambiguïtés que recèle toute représentation d’une civilisation par une autre. Son livre en est une saisissante illustration.

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La dernière lettre

« Je vais fermer l’oeil terrestre; mais l’oeil spirituel restera ouvert, plus grand que jamais. Je repousse l’oraison de toutes les églises. Je demande une prière à toutes les âmes. »

 

Victor Hugo, dans un texte rédigé quatre ans avant sa mort.

Extrait de La Dernière Lettre, Anthologie des derniers mots des grands hommes, éd. Seuil.

Murals of Tibet

TASCHEN présente MURALS OF TIBET et ses chefs-d’œuvre millénaires révélés pour la première fois.

Cette publication au format SUMO rassemble les plus précieuses fresques de la culture bouddhique tibétaine encore préservées. Pendant plus de dix ans, le photographe Thomas Laird a constitué les premières archives au monde à taille réelle de ces œuvres d’art, dont certaines s’étendent sur 10 mètres. Grâce aux reproductions de fresques en intégralité et aux nombreux détails, cet ouvrage plonge le lecteur dans des trésors extraordinaires et inestimables.

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Amaravati, la ville nouvelle « sans pareil » en Inde qui peine à prendre forme

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Amaravati devait être une ville nouvelle « sans pareil » en Inde, une capitale régionale moderne, durable et verdoyante à l’image de Singapour. Mais faute de financement, l’utopie peine à prendre corps.

Elle compte bien en son centre un îlot de bâtiments dernier cri fraîchement construits, mais ses avenues sont désertes et, autour, la métropole espérée n’est qu’une succession de quartiers à moitié terminés au milieu de champs et de chemins de terre.

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Ramanujan, Rimbaud des nombres

Il n’est guère surprenant que le septième art se soit intéressé à la destinée de Srinivasa Ramanujan. A lui seul, ce génie des mathématiques incarne à merveille l’idée que l’on se fait d’un révolutionnaire des sciences tout autant qu’il symbolise l’émergence d’un continent entier au cœur des turbulences du XXe siècle. C’est à coup sûr cette vision romanesque et romantique qui a séduit le cinéaste britannique Matthew Brown, lorsqu’il s’est attelé à la réalisation de son film L’Homme qui défiait l’infini (2017), après avoir lu la biographie éponyme consacrée au mathématicien que l’on place à la quintessence dans l’étude de Pi. Et s’il est fort probable que la majorité des spectateurs ne maîtrisaient pas l’usage des théories combinatoires, ils ont pu s’identifier au personnage joué à l’écran par l’acteur anglais d’origine indienne Dev Patel (Slumdog Millionaire, 2008).

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L’Inde sous les yeux de l’Europe

 La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Inde sous les yeux de l’Europe », de Sanjay Subrahmanyam.

L’Inde sous les yeux de l’Europe. Mots, peuples, empires (Europe’s India. Words, People, Empires, 1500-1800), de Sanjay Subrahmanyam, traduit de l’anglais (Inde) par Johanna Blayac, Alma, « Essai histoire », 492 p., 26 €.

L’Antiquité gréco-latine n’a pas ignoré l’Inde, mais l’a surtout rêvée. Alexandre et ses troupes ont atteint les rives de l’Indus, pourtant les historiens qui relatent son périple, notamment Callisthène et Onésicrite, disent bien peu des mœurs locales. Aucontraire, Ctésias de Cnide, médecin grec de l’empereur perse ­Artaxerxès II, décrit tellement de créatures extraordinaires qu’il passe déjà, en son temps, pour un fabulateur. Ce n’est qu’à la fin du XVe siècle, une fois que les Portugais ouvrent la voie maritime du cap de Bonne-Espérance, que des Européens accostent régulièrement dans les comptoirs indiens, découvrant un monde qui tour à tour les déconcerte et les ravit, les horrifie et les séduit.

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Au sujet de la conscience

« Faire le poème de la conscience humaine, ne fût-ce qu’à propos d’un seul homme, ne fut-ce qu’à propos du plus infime des hommes, ce serait fondre toutes les épopées dans une épopée supérieure et définitive. La conscience, c’est le chaos des chimères, des convoitises et des tentatives, la fournaise des rêves, l’antre des idées dont on a honte ; c’est le pandémonium des sophismes, c’est le champ de bataille des passions ; à de certaines heures, pénétrez à travers la face livide d’un être humain qui réfléchit, et regardez derrière, regardez dans cette âme, regardez dans cette obscurité. Il y a là, sous le silence extérieur, des combats de géants comme dans Homère, des mêlées de dragons et d’hydres et des nuées de fantômes comme dans Milton, des spirales visionnaires comme chez Dante. Chose sombre que cet infini que tout homme porte en soi et auquel il mesure avec désespoir les volontés de son cerveau et les actions de sa vie ! » Victor Hugo (Les Misérables)