Poème de Sri Aurobindo

Un fragment retrouvé dans les papiers de Sri Aurobindo et que l’on ne sait à quoi rattacher exprime très bien, dans tout son mystère, la vocation du poète lui-même.

Comme un ver luisant dans le noir

O, vous, Puissances du Suprême et de la Mère, Divine,

Je suis venu à vous en initié, marque du signe.

Car je porte en moi le nom que rien n’efface.

J’ai nourri mon souffle d’un Espace sans borne, tout esprit.

Et mon âme à travers les silences insondables a entendu

Les voix divines du Savoir et les merveilles du Mot.

Elle a écouté le secret que célaient dans leur nuit

Les infinis inconscients, présages de sa puissance (…)

C’est alors que je naquis dans le plus intime et dans l’obscur,

Graine d’âme dans les grains de feu des énergies qui perdurent.

Je sais maintenant à quelle fin je fus Son étincelle au travail

Dans la minuit de la Matière, comme un ver luisant dans le noir.

(Publié dans Mother India, janvier 1969).

Traduction par Gabriel Germain

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Interview de Sri Aurobindo

Rare interview de Sri Aurobindo parue dans « The Hindu » en 1915

Rares sont ceux qui savent que Sri Aurobindo avait accordé une interview au correspondant de The Hindu début 1915. Cette interview fut publiée dans son intégralité par Lala Lajpat Rai dans son livre Young India avec une introduction intitulée Arabinda Ghosh – védantiste et swarajiste.

« Mais que pensez-vous du Congrès de 1914 et des Conférences ? », j’insistai.

Il parla presque à contrecoeur mais de manière claire et avec une ferme intonation.

« Je n’ai pas trouvé les Actes des Conférences de Noël très intéressants et inspirants. Ils m’apparaissent comme de simples répétitions des formules mesquines et ternes du passé et montrent à peine le grand souffle du futur qui déferle sur nous. Je fais une exception du discours du président du Congrès qui m’a frappé car bien au-dessus du niveau ordinaire. Certaines personnes, apparemment, l’ont trouvé visionnaire et irréaliste. Il me semble à moi être la chose la plus réaliste et vitale qui ait été dite en Inde depuis quelque temps.

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Jean Biès rencontre Satprem

17 juin 1977

Rencontre de Satprem, qui fut le secrétaire privé de Mère pendant vingt ans. J’en rassemble les paroles pour Question de (1). Homme de taille moyenne, maigre, yeux bleus, perdus au-delà du regard, bien capables de désarmer le forban qui voulut l’assassiner ; un énoncé lent et calme. Un de ces êtres qui ont été brûlés par un rayon, toute leur vie, illuminés par un être auquel il se sont tout entiers voués, et dont la rencontre a de fond en comble bouleversé l’existence.

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