En Inde, le quotidien d’une ambassade dans la tempête du coronavirus

image.pngquotidien d’une ambassade dans la tempête du coronavirus © AFP / SAJJAD HUSSAIN

Lundi matin, 8 heures: en arrivant au bureau, Emmanuel Lenain a des cernes bien marquées pour un début de semaine. La journée s’annonce longue pour l’ambassadeur de France en Inde, avec l’évacuation ce soir-là de 500 touristes bloqués par la pandémie de coronavirus.

En l’absence de liaisons aériennes, actuellement interdites par une Inde confinée et à l’arrêt, le gouvernement français a obtenu l’autorisation pour un vol spécial Delhi-Paris d’Air France, qui lui permettra de rapatrier une partie de ses ressortissants présents dans le pays d’Asie du Sud.

9 heures: en raison du virus, le briefing de l’opération se déroule non pas dans l’ambassade mais sur le parvis, en plein air. « On est un peu en mode guerre », lance Emmanuel Lenain, en bras de chemise et masque sur le visage, à la cinquantaine d’agents mobilisés pour l’occasion, « chacun connaît sa mission ».

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En Inde, un policier se déguise en coronavirus pour inciter les gens à rester chez eux

C’est une initiative originale qui nous vient de la police indienne, et plus précisément de l’inspecteur Rajesh Babu. Pour inciter les gens à rester chez eux, ce dernier a en effet décidé de se déguiser en… coronavirus.

Comme le rapporte CNN, l’inspecteur travaille pour la police de Chennai, une ville se trouvant sur la côte est de l’Inde. Et le casque, qu’il porte désormais quotidiennement, représente le coronavirus. C’est un artiste local qui, se rendant compte du manque de respect des règles de confinement, a eu l’idée de le créer.

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AFP / A. Sankar

« Les gens ne sont pas assez hygiéniques », explique l’artiste qui veut effrayer les gens qui ne prennent pas le virus assez sérieusement. « Le gouvernement nous ordonne de ne pas sortir mais on voit des gens errer ici et là sans équipement de protection approprié ».

« Si vous sortez, moi, je rentre »

Directement, son projet a plu à la police locale, et plus précisément à l’inspecteur Rajesh Babu. « Si vous sortez, moi, je rentre », lance-t-il désormais aux nombreuses personnes qui se déplacent inutilement dans sa ville.

Depuis le 25 mars dernier, la deuxième nation la plus peuplée du globe est entrée avec anxiété dans un confinement de trois semaines. Le nombre de contaminations au nouveau coronavirus a quant à lui dépassé la barre des 1.000 cas ce lundi. 29 personnes sont décédées tandis que 99 sont guéries.

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AFP / A. Sankar

 

Metro Time.be (Belgique) le 31 mars 2020

La maladie comme métaphore : Le sida et ses métaphores

« Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,

Malade et morfondu, l’esprit fiévreux et trouble,

Blessé par le mystère et par l’absurdité ! ».

BAUDELAIRE, « Les sept vieillards », Les Fleurs du Mal

 

A LIRE PENDANT CETTE CRISE SANITAIRE.

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En 1978, à partir de métaphores suscitées par le cancer, Susan Sontag analyse aussi bien les sources médicales et psychiatriques que les textes littéraires de l’Antiquité aux temps modernes, de Keats Dickens, Baudelaire, James Mann, Joyce, Mansfield et Auden. Elle démystifie les fantasmes idéologiques qui démonisent certaines maladies et, par extension, culpabilisent les malades. Dans un second essai, écrit dix ans plus tard, Susan Sontag souligne à quel point le sida a réactivé le spectre de l’épidémie dont le monde moderne se croyait débarrassé. Certains en font la  » peste  » de notre temps, le châtiment infligé par Dieu aux groupes « déviants ». Susan Sontag dénonce ce catastrophisme et propose une réflexion extraordinaire d’intelligence et de culture historique, littéraire, philosophique, sur la propension qu’a l’homme.

Biographie de l’auteur

Susan Sontag est née à New York en 1933. Elle publie son premier roman à l’âge de trente ans. Dans les années 1960, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d’intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre. Son essai Sur la photographie paraît en 1977. Elle publie également de nombreux romans, dont L’Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Le Prix Jérusalem, qui lui a été attribué en 2001, et le Prix de la Paix des libraires, qui lui a été remis à Francfort en 2003, récompensent l’ensemble de son oeuvre. Elle est morte le 28 décembre 2004.
  • Poche : 231 pages
  • Editeur : Christian Bourgois Editeur (5 novembre 2009)

Protection contre le Covid-19

L’Université Johns Hopkins a envoyé cette note détaillée pour éviter la contagion:

* Le virus n’est pas un organisme vivant, mais une molécule de protéine (ADN) recouverte d’une couche protectrice de lipide (graisse) qui, une fois absorbé par les cellules de la muqueuse oculaire, nasale ou buccale, change de code génétique. (mutation) et les convertir en cellules d’agression et de multiplication.

* Puisque le virus n’est pas un organisme vivant mais une MOLECULE de protéine, il n’est pas tué [ON TUE UNE BACTERIE, QUI EST UN ORGANISME VIVANT, MAIS POUR UN VIRUS, IL S’AGIT DE LA DESINTEGRATION D’UNE MOLECULE]. Cette molécule se désintègre d’elle-même. Le temps de désintégration dépend de la température, de l’humidité et du type de matériau où il se trouve.

* Le virus est TRES FRAGILE. La seule chose qui le protège est une fine couche externe de graisse. C’est pourquoi TOUT SAVON ou DETERGENT est le meilleur remède, car la mousse COUPE la GRAISSE (c’est pourquoi il faut tellement frotter: PENDANT 20 SECONDES OU PLUS, pour faire beaucoup de mousse). En dissolvant la couche de graisse, la molécule de protéine se disperse et se décompose d’elle-même.

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Lutte désespérée en Inde

image.pngUn travailleur prépare des lits pour accueillir des malades dans le complexe sportif de Sarusajai, à Guwahati .PHOTO AFPUn

C’est la politique du désespoir qui anime l’Inde ces jours-ci. Le gouvernement a décrété trois semaines de quarantaine à l’échelle du pays. Une mesure qui dans le contexte particulier de l’Inde risque d’accélérer la diffusion du nouveau coronavirus, plutôt que de la ralentir.

Le nombre de cas de COVID-19 dépasse le millier. Mais les chiffres officiels ne veulent pas dire grand-chose étant donné le faible nombre de tests qui ont été réalisés.

L’Inde, avec ses 1,3 milliard d’habitants est un pays encore très pauvre. En comparaison, la Chine est richissime et surtout, beaucoup plus propre, ce qui n’est pas peu dire.

Seuls 33 % des Indiens ont accès à de l’eau courante propre. Les bords des grandes routes sont souvent jonchés de détritus. Les villes indiennes sont parmi les plus polluées au monde. Des centaines de millions d’Indiens habitent des bidonvilles insalubres.

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Lettre au Président Macron

Monsieur le Président,
« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier – L’état compte ses sous, on comptera les morts – résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.
Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » – chanson, encore, d’Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.

Annie Ernaux

Le jour d’Or

 

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On 29th February 2020 we celebrate the Golden Day, the anniversary of the descent of the Supramental on 29th February 1956.

 

Mon âme et la sienne
indissolublement liées

Dans l’unique tâche pour laquelle
nos vies ont pris naissance,

Pour élever le monde vers Dieu
dans la Lumière immortelle,

Pour faire descendre Dieu dans le monde
sur terre nous sommes venus,

Pour changer la vie terrestre en une vie divine.

Savitri

Sri Aurobindo

 

“My soul and his indissolubly linked
In the one task for which our lives were born,
To raise the world to God in deathless Light,
To bring God down to the world on earth we came,
To change the earthly life to life divine.”

Savitri
Sri Aurobindo

Un gourou « superpropagateur » du Covid-19 a potentiellement contaminé 15.000 villageois

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De retour d’Italie, épicentre de la pandémie en Europe, et d’Allemagne, le gourou de 70 ans, Baldev Singh est allé prêcher dans une quinzaine de villages de l’Etat indien du Pendjab avant de décéder.

Au moins 15.000 personnes sont placées en quarantaine dans le Nord de l’Inde, car potentiellement contaminées par une seule et même personne, un gourou sikh, décédé du Covid-19 et suspecté d’avoir été un « superpropagateur » du coronavirus, selon un responsable local.

De retour d’Italie, épicentre de la pandémie en Europe, et d’Allemagne, le gourou de 70 ans, Baldev Singh est allé prêcher dans une quinzaine de villages de l’Etat indien du Pendjab à majorité sikh, avant de tomber malade et de décéder.

Cela a déclenché en Inde une des plus sérieuses alertes relative à la pandémie. Des livraisons spéciales de nourriture sont effectuées à chacun des foyers concernés, placés sous un régime de quarantaine encore plus strict que le confinement à domicile de 21 jours décrété mercredi dans l’ensemble du pays par le gouvernement.

« Le premier de ces 15 villages a été bouclé le 18 mars et nous estimons qu’il y a entre 15.000 et 20.000 personnes dans les villages bouclés », a indiqué à l’AFP Gaurav Jain, un haut magistrat du district de Banga, où résidait le gourou. « Des équipes médicales se tiennent prêtes et il y a une surveillance régulière », a-t-il ajouté.

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La pandémie place l’Inde au bord de la catastrophe

La pandémie place l’Inde au bord de la catastrophe

Durée de lecture : 7 minutes

27 mars 2020 / Côme Bastin (Reporterre)

Villes polluées et trop denses, infrastructures défaillantes… 1,3 milliards d’Indiens sont entrés en confinement ce mercredi 25 mars, confronté à une inexorable et rapide dissémination du virus. Dans ce pays si dépendant de l’économie informelle, chaque jour sera un calvaire pour les plus démunis.

  • Bangalore (Inde), correspondance

Tous ceux qui connaissent l’Inde tombent des nues. Les rues animées se sont vidées de leur foule multicolore, les échoppes fumantes ont fermé leur stores, le vacarme incessant des klaxons s’est tu. Indifférentes, les vaches sacrées continuent à déambuler dans les artères vides au son retrouvé des oiseaux. Surtout, un ciel bleu que les urbains avaient oublié réapparait à l’horizon des grandes villes. À New Delhi, capitale mondiale de la pollution, les niveaux de particules fines sont tombés jeudi 26 mars par endroit sous de 50 microgrammes par mètres cubes, le seuil en dessous duquel l’air est considéré comme « bon ». Le mois dernier, ils flirtaient encore avec les 300, seuil toxique à partir duquel chacun est censé ne plus mettre les pieds dehors.

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