La chute de l’économie de l’Inde bien pire que prévu, le coronavirus fait des ravages

La pandémie de coronavirus a provoqué le plus fort recul du PIB (-23,9%) de l’Histoire de l’économie indienne, alors que le pays est un des plus endeuillé, avec 64.000 morts liés au virus (des chiffres probablement largement sous-estimés).

L’Inde est décidément bien éprouvé par la crise sanitaire et économique. Au lourd bilan humain de la pandémie (64.469 décès sur 3.621.245 cas déclarés de la maladie Covid-19, des chiffres officiels que de nombreux épidémiologistes pensent sous-estimés) s’ajoute la pire crise économique traversée par le sous-continent. En raison de deux mois de confinement brutal au printemps, le Produit intérieur brut de l’Inde a subi un recul historique au deuxième trimestre : -23,9% en glissement annuel (contre -19,2% attendu en moyenne par le consensus Bloomberg des économistes). Et ce, alors que la croissance n’était déjà que 3,1% sur un an au premier trimestre, ce qui constituait sa plus faible progression depuis 20 ans.

Alors que l’Inde est la troisième nation la plus meurtrie par la pandémie de coronavirus, derrière les États-Unis et le Brésil, jamais l’économie de la plus grande démocratie du monde n’avait enregistré une telle régression depuis le début de la publication des chiffres de croissance trimestrielle en 1996, selon la presse locale. Pour freiner la propagation du virus, New Delhi avait décrété fin mars un confinement national qui a mis à l’arrêt tout le pays de 1,3 milliard d’habitants et laissé du jour au lendemain des dizaines de millions de personnes sans sources de revenus.

https://www.capital.fr – LE 31/08/2020 À 15H43

La Chine place des silos de missiles sur une frontière contestée avec l’Inde

New Delhi accuse Pékin de construire des bases militaires au sein de la région du Ladakh. Revendiqué par les deux puissances nucléaires, ce territoire a déjà été le théâtre d’un affrontement violent en juin dernier.

Les tensions s’aggravent entre les deux géants asiatiques. L’Inde accuse la Chine de vouloir imposer sa présence militaire autour du lac Pangong Tso, dans la région du Ladakh. Revendiqué par les deux puissances nucléaires, ce territoire est lui-même situé entre la frontière qui traverse la chaîne de montagnes de l’Himalaya. Une frontière, elle aussi contestée, et dont le tracé n’est toujours pas défini. L’Inde et la Chine ayant des prétentions sur des territoires communs.

En plus de l’aspect militaire, la crise diplomatique entre les deux pays les plus peuplés du monde pourrait revêtir une dimension religieuse. En effet, New Delhi affirme que Pékin a aussi construit des silos de missiles près d’un autre lac situé aux alentours du mont Kailash. Or, cette montagne est un site sacré, qui est célébré par plusieurs religions comme l’hindouisme et le bouddhisme. Selon le quotidien The Hindustan Times, l’armée chinoise aurait également érigé des héliports près de ce lac pour intervenir rapidement en cas de conflit.

Une crainte plausible, puisque la région du Ladakh a déjà été le théâtre d’un incident entre les deux puissances, en juin dernier. En effet, les armées chinoises et indiennes s’étaient affrontées le 15 juin lors d’un affrontement au corps-à-corps : une patrouille indienne avait sommé à des soldats chinois de partir de leur campement qui était situé près de la frontière disputée. La dispute entre les deux patrouilles s’est ensuite transformée en combat bien réel. Ce dernier avait notamment fait 20 morts côté indien, et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois. Il s’agissait alors de la première confrontation meurtrière entre les deux pays depuis 45 ans. Depuis, New Delhi et Pékin se sont renvoyés la responsabilité des affrontements.

Les deux pays ont envoyé des dizaines de milliers de soldats, de véhicules ainsi que des avions de chasse en renforts près de cette frontière contestée. Actuellement, aucun accord diplomatique entre les deux puissances ne semble se dessiner. L’Inde a par exemple banni une soixantaines d’applications chinoises – dont Tik Tok – de son territoire. Une restriction mise en place pour « assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien » a justifié New Delhi.

THOMAS ROMANACCE  PUBLIÉ LE 31/08/2020 À 16H00

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Inde: une tribu menacée des Andaman touchée par le coronavirus

Dix membres de la tribu menacée des Grands Andamanais, qui vit dans les îles Andaman (océan Indien) ont contracté le coronavirus, ont annoncé jeudi 27 août les autorités, suscitant l’inquiétude pour l’avenir de cette population autochtone.

Cette tribu ne compte plus aujourd’hui qu’une cinquantaine de représentants qui vivent sur la minuscule île de Strait Island, dépendant totalement du gouvernement indien pour leur survie. Le territoire des Îles Andaman-et-Nicobar, qui sépare le Golfe du Bengale de la mer d’Andaman, compte une population de 400.000 habitants. Il dénombre officiellement 2268 cas de coronavirus et 37 décès.

Les autorités indiennes ont envoyé dimanche une équipe médicale sur Strait Island pour évaluer la situation alors que six membres de la tribu avaient été testés positifs à Port Blair, capitale du territoire. Certains des membres de la tribu ont l’habitude de se rendre à Port Blair, où ils travaillent dans la fonction publique. «L’équipe a testé 37 échantillons et il est apparu que quatre membres de la tribu étaient positifs. Ils ont été hospitalisés», a déclaré à l’AFP Avijit Ray, un fonctionnaire indien.

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Une alliance militaire Inde-Vietnam contre l’alliance sino-pakistanaise ?

Les actions chinoises en mer de Chine méridionale ont rapproché Hanoï et New Delhi dans un partenariat d’experts comparable à l’alliance Pékin-Islamabad. « L’Inde cherche à faire à la Chine ce que la Chine a fait à l’Inde : c’est-à-dire le confinement et l’encerclement », déclare un analyste. 

par Patrice Bravo (son site) 
vendredi 28 août 2020

Lorsque la marine chinoise a effectué des exercices presque simultanément dans quatre régions maritimes cette semaine, beaucoup ont été impressionnés par la démonstration de force, mais peu ont remis en question le public visé. Les experts étaient presque unanimes à considérer les exercices dans la mer de Chine méridionale, la mer de Chine orientale, le nord de la mer Jaune et le golfe de Bohai, comme la réponse de Pékin à ce qu’il considère comme une belligérance accrue des Etats-Unis. Washington a récemment envoyé des porte-avions en mer de Chine méridionale, fait passer un destroyer dans le détroit de Taïwan, fait voler des avions de reconnaissance et des bombardiers B-1B au-dessus de la région et s’est rangé du côté des pays d’Asie du Sud-Est dans leurs différends territoriaux avec la Chine. 

Comme l’a dit Josef Gregory Mahoney, professeur de politique à l’université normale de Chine orientale de Shanghai : « La Chine est confrontée à un risque croissant que le président Donald Trump déclenche un incident dans la mer de Chine méridionale, impliquant peut-être Taïwan ». Les exercices de la Chine ont envoyé en réponse un message clair, alors que la Chine ne veut pas de guerre avec les Etats-Unis. Si une guerre arrive, elle est prête et capable de se battre et sur plusieurs fronts si nécessaire. 

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Inde : des femmes en première ligne face au coronavirus

L’Inde vient de franchir le cap des 3 millions de personnes contaminées. Sur place, 60 000 personnes contractent chaque jour la maladie. En première ligne, des femmes travailleuses sociales tentent de surveiller les quarantaines et d’identifier les personnes infectées dans les communautés les plus pauvres du pays.

Dans les communes rurales d’Inde, des femmes arborant des tuniques rouges arpentent les rues. Ce sont des travailleuses sociales, toutes volontaires. Sans elles, les habitants seraient complètement abandonnés. Elles tiennent des registres, et placent les familles en quarantaine lorsque des symptômes sont déclarés. Ces travailleuses sociales veillent également à livrer ce dont les cas positifs ont besoin lorsqu’ils sont confinés.

Une prime de 12 euros de la part du gouvernement

Les femmes en rouge visitent des dizaines de maisons chaque jour. Ce sont les anges gardiens des villages. Une mission qu’elles font sans réelle protection. « Nous n’avons pas reçu de gants, rien du tout du gouvernement », indique l’une d’entre elles. A la base, ces femmes sont en charge des campagnes de vaccination. Elles aident également lors des accouchements. Quand la pandémie est arrivée, elles se sont retrouvées sur le front en charge des tests Covid-19. Le gouvernement leur a accordé une prime de 12 euros.

Les circonstances académiques et politiques de l’entrée de Gramsci en Inde

Gramsci en Inde : la réception de sa pensée dans les Subaltern Studies.

La réception de la pensée de Gramsci dans le monde anglophone commence avec la traduction d’une partie de ses écrits, recueillis dans l’anthologie The modem Prince and other writings1 (1957). C’est dans le milieu intellectuel du History Group de Londres et des représentants de la New Left britannique que l’on voit se manifester un premier intérêt international envers la figure de Gramsci. Intellectuels comme Anderson et Hoggart, Hobsbawm et Williams instaurent avec le penseur italien un dialogue fructueux, riche de perspectives et développements différents. 

Même la réception indienne de la pensée du philosophe italien pose l’accent — surtout dans un deuxième temps et c’est-à-dire avec la naissance et le développement du Collectif des Subaltern Studies — sur l’approche théorique gramscienne qui va bien au-delà du déterminisme lié à l’économique pour s’efforcer d’analyser les superstructures et la dimension culturelle et hégémonique des relations de pouvoir. L’attention des intellectuels indiens se tourne vers la lecture très peu élitiste proposée par Gramsci de la capacité d’élaboration philosophique et d’action pratique de chacun et vers ses réflexions originales autour de la dialectique entre classes dominantes et classes dominées. 

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Des villes vendues en bourse

Des villes vendues en bourse

À propos de : Sai Balakrishnan, Shareholder Cities. Land Transformations Along Urban Corridors in India, Penn Press.

En Inde, la croissance urbaine est si rapide qu’en quelques années des villes jaillissent sur des zones agricoles. Pour convaincre les paysans de céder leurs terres, les promoteurs les associent à l’actionnariat de leurs entreprises. Ce modèle inédit d’urbanisation met en péril la démocratie locale.

Imaginez une ville nouvelle qui jaillirait soudainement de champs de canne à sucre, au cœur de l’Inde. Avec son architecture de vague inspiration singapourienne ou méditerranéenne, cette cité de haut-standing serait entièrement conceptualisée, construite et gérée par une entreprise privée. Les cultivateurs, propriétaires originels des terres cédées à la ville, seraient eux transformés en partenaires à part entière, et même en actionnaires (shareholders), leur permettant de brasser une rente à long-terme sur les bénéfices de cette opération immobilière lucrative.

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Autosuffisance de l’Inde : Inverser les rôles

Par Vinayak Surya Swami

L’Inde célèbre son 74ème anniversaire  d’indépendance en août 2020. Alors que le pays s’attaque à la propagation du COVID-19, le Premier Ministre Narendra Modi a préconisé une action visant à rendre l’Inde autonome grâce à une série de mesures et de programmes d’aide économique.

Avec l’avènement de la pandémie du nouveau coronavirus, un nouvel ordre économique mondial est en train d’émerger et les nations ne font que l’accepter. Le Premier Ministre indien Narendra Modi a été rapide dans cette prise de conscience et a en conséquence modifié les politiques existantes et introduit plusieurs initiatives multisectorielles pour promouvoir la vision d’une économie florissante pour l’Inde. Réaffirmant sa conviction, dans une récente allocution, il a déclaré: «Quelle que soit l’ampleur de la crise, l’Inde est déterminée à en faire une opportunité. » Il a ensuite appelé la nation pour son soutien à cet égard en faisant de l’Inde «Aatma Nirbhar» ou autosuffisant. Le Premier Ministre Modi a également annoncé un programme de secours de 20 milliards INR (équivalent à 10% du PIB de l’Inde) qui orientera le pays sur la voie d’un développement et d’une croissance rapides et créera une chaîne d’approvisionnement locale solide.

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Pandit Jasraj

La mort de Pandit Jasraj, sommité du chant classique d’Inde du Nord

Le maître de la musique hindoustanie, un des derniers de sa génération, est mort le 17 août, à 90 ans, aux Etats-Unis. 

Le chanteur classique indien Pandit Jasraj et sa fille Durga Jasraj à Mumbai (Inde), en octobre 2016.
Le chanteur classique indien Pandit Jasraj et sa fille Durga Jasraj à Mumbai (Inde), en octobre 2016. STR/AFP

C’était un maître de la musique hindoustanie, la musique classique de l’Inde du Nord, sans aucun doute l’un de ses plus éminents enchanteurs. L’un des derniers chanteurs de sa génération, dans le registre du chant khyal, ce style fluide et léger aux nuances infinies inventé à partir d’un tissage du chant dhrupad – plus ancien – avec des musiques arabe et persane, au milieu du XVIIIe siècle, dans les cours des sultans. Pandit Jasraj est mort, lundi 17 août, à l’âge de 90 ans, dans l’Etat du New Jersey (Etats-Unis), des suites d’un arrêt cardiaque, a annoncé sa fille adoptive Alka Aneja, en racontant qu’il avait chanté jusqu’à son dernier souffle dans un échange vidéo avec ses étudiants. Pandit Jasraj séjournait aux Etats-Unis avec ses enfants depuis mars, au moment où les vols internationaux avaient été interrompus en raison de la pandémie de Covid-19.

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