La Chine place des silos de missiles sur une frontière contestée avec l’Inde

New Delhi accuse Pékin de construire des bases militaires au sein de la région du Ladakh. Revendiqué par les deux puissances nucléaires, ce territoire a déjà été le théâtre d’un affrontement violent en juin dernier.

Les tensions s’aggravent entre les deux géants asiatiques. L’Inde accuse la Chine de vouloir imposer sa présence militaire autour du lac Pangong Tso, dans la région du Ladakh. Revendiqué par les deux puissances nucléaires, ce territoire est lui-même situé entre la frontière qui traverse la chaîne de montagnes de l’Himalaya. Une frontière, elle aussi contestée, et dont le tracé n’est toujours pas défini. L’Inde et la Chine ayant des prétentions sur des territoires communs.

En plus de l’aspect militaire, la crise diplomatique entre les deux pays les plus peuplés du monde pourrait revêtir une dimension religieuse. En effet, New Delhi affirme que Pékin a aussi construit des silos de missiles près d’un autre lac situé aux alentours du mont Kailash. Or, cette montagne est un site sacré, qui est célébré par plusieurs religions comme l’hindouisme et le bouddhisme. Selon le quotidien The Hindustan Times, l’armée chinoise aurait également érigé des héliports près de ce lac pour intervenir rapidement en cas de conflit.

Une crainte plausible, puisque la région du Ladakh a déjà été le théâtre d’un incident entre les deux puissances, en juin dernier. En effet, les armées chinoises et indiennes s’étaient affrontées le 15 juin lors d’un affrontement au corps-à-corps : une patrouille indienne avait sommé à des soldats chinois de partir de leur campement qui était situé près de la frontière disputée. La dispute entre les deux patrouilles s’est ensuite transformée en combat bien réel. Ce dernier avait notamment fait 20 morts côté indien, et un nombre inconnu de victimes dans les rangs chinois. Il s’agissait alors de la première confrontation meurtrière entre les deux pays depuis 45 ans. Depuis, New Delhi et Pékin se sont renvoyés la responsabilité des affrontements.

Les deux pays ont envoyé des dizaines de milliers de soldats, de véhicules ainsi que des avions de chasse en renforts près de cette frontière contestée. Actuellement, aucun accord diplomatique entre les deux puissances ne semble se dessiner. L’Inde a par exemple banni une soixantaines d’applications chinoises – dont Tik Tok – de son territoire. Une restriction mise en place pour « assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien » a justifié New Delhi.

THOMAS ROMANACCE  PUBLIÉ LE 31/08/2020 À 16H00

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