Le coronavirus, coup fatal pour les journaux indiens ?

Photo du 14 mai 2020 montrant un homme en train de lire un journal devant un magasin fermé à New Delhi
afp.com – Jewel SAMAD

Il y a quelques mois encore, les journaux indiens étaient parmi les rares au monde à gagner de nouveaux lecteurs. Mais le coronavirus et deux mois de confinement sont passés par là, entraînant des fermetures de titres et des licenciements en cascade.

La presse quotidienne papier restait incontournable ces dernières années dans le paysage médiatique du pays de 1,3 milliard d’habitants. Une situation enviée par bien des journaux étrangers, qui voient leurs ventes s’éroder inexorablement face à la montée de l’information sur internet.

Les deux mois de confinement national en Inde pour lutter contre la pandémie de coronavirus ont changé la donne. Des journaux n’ont pas pu être imprimés, des livreurs ont été attaqués par peur qu’ils soient porteurs du virus, les annonceurs ont fui.

Selon certaines estimations, les ventes de journaux en Inde – environ 50 millions d’exemplaires par jour en temps normal – ont chuté de deux tiers pendant le confinement, entré en vigueur le 25 mars et largement assoupli début juin.

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Le Covid va susciter des troubles civils à l’échelle planétaire

Le centre de recherche Institute for economics and peace estime à l’occasion de la parution de son rapport annuel que la pandémie pourrait augmenter les risques d’émeutes, grèves générales et contestations.

Des soldats turcs patrouillent une ville en Syrie, pays où la quasi-totalité des grandes puissances mondiales et régionales sont impliquées plus ou moins directementDes soldats turcs patrouillent une ville en Syrie, pays où la quasi-totalité des grandes puissances mondiales et régionales sont impliquées plus ou moins directement (Omar Haj Kadour/AFP)

Le Covid-19 risque de défaire une dizaine d’années de développement, avertit le centre de recherche international Institute for economics and peace (IEP).

Le confinement durant deux mois de la plupart des pays du monde aura des conséquences économiques, financières et sociales dramatiques, souligne l’IEP, à l’occasion de la parution ce mercredi de son quatorzième rapport annuel sur la paix dans le monde . « Les populations des pays les moins résilients, à dette publique élevée, tissu économique fragile et forte dépendance envers le commerce extérieur, risquent de souffrir considérablement », souligne Serge Stroobants, directeur du bureau européen de l’organisation.

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L’Inde somnambule dans une catastrophe de Covid-19

Les villes et les États rouvrent alors que de nouveaux cas quotidiens atteignent le troisième rang mondial après les États-Unis et le Brésil.

Une travailleuse au sol d’une compagnie aérienne à l’aéroport international Sardar Vallabhbhai Patel à Ahmedabad regarde alors que les vols intérieurs reprennent après que le gouvernement a assoupli le verrouillage. Photo: AFP

MUMBAI – L’Inde compte désormais le plus grand nombre de cas de Covid-19 au monde derrière les États-Unis, le Brésil, la Russie, l’Espagne et le Royaume-Uni, et pourrait être à quelques jours de la quatrième place. En termes de nouveaux cas, il est désormais classé troisième après les États-Unis et le Brésil.

Certains croient que le deuxième pays le plus peuplé du monde pourrait être somnambule dans une catastrophe de coronavirus, compte tenu de sa population de 1,38 milliard d’habitants, de sa forte densité de population dans les villes et de ses infrastructures médicales grinçantes.

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Aranyak (La forêt)

📚[À paraître]📚

Vous aimez les romans qui célèbrent la nature sauvage ?
Vous vous intéressez au « développement durable », une question brûlante de l’époque contemporaine ?

RDV le 9 juin prochain pour découvrir le roman « Aranyak » de Bibhutibhushan Bandopadhyay, célèbre pour son roman « Le monde d’Apu, adapté au cinéma par Satyajit Ray. Lauréat de nombreux prix nationaux et internationaux, Bibhutibhushan Bandopadhyay est l’un des plus éminents représentants de la littérature bengali moderne.

Son inimitable prose n’a eu de cesse de décrire le Bengale rural dans toute sa beauté, mais aussi sa dureté, sa pauvreté, ses rêves et ses espoirs. Et dans Aranyak, c’est de la forêt qu’il fait une magnifique héroïne de roman, volant le statut de personnage principal à son narrateur, Satyacharan…

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Tensions militaires sino-indiennes dans les hauteurs de l’Himalaya

Ici une photo du monastère de Stakna, dans la région himalayenne du Ladakh, à l'extrême nord de l'Inde (image d'illustration).Ici une photo du monastère de Stakna, dans la région himalayenne du Ladakh, à l’extrême nord de l’Inde (image d’illustration). [Cathal McNaughton – Reuters]

Depuis plusieurs semaines, des frictions entre des troupes chinoises et indiennes ont été répertoriées dans la région du fleuve Galwan au Ladakh, située sur la chaîne de l’Himalaya. Au cours des derniers jours, la tension est encore montée d’un cran et les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir franchi cette frontière qui reste historiquement litigieuse, faisant craindre une escalade.

C’est une situation qui semble avoir en partie été éclipsée par la crise sanitaire liée au coronavirus mais qui pourrait avoir d’importantes conséquences géopolitiques entre l’Inde et la République populaire de Chine. Depuis le début du mois de mai, New Dehli et Pékin s’accusent d’avoir franchi leur frontière respective dans les hauteurs de la région du Ladakh, située dans l’Himalaya occidental.

Il y a deux semaines, dans la région du Sikkim (est de l’Inde), des militaires des deux nations ont aussi été blessés dans des affrontements à coups de poings et pierres dans un autre secteur frontalier.

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Inde : mort d’un yogi affirmant ne pas avoir mangé ou bu pendant 80 ans.

AHMEDABAD, Inde | Un yogi indien qui disait n’avoir pas mangé ou bu depuis 80 ans, affirmation qui a fait l’objet d’études médicales, mais aussi de doutes, est mort mardi à l’âge de 90 ans, a annoncé son voisin à l’AFP. 

Ascète à la longue barbe et avec un anneau dans le nez à la façon d’une déesse hindoue, Prahlad Jani était originaire du petit village de Charada dans l’État du Gujarat (ouest de l’Inde) et clamait ne pas avoir consommé d’eau ou de nourriture depuis l’âge de 11 ans. 

«Il est mort mardi matin de vieillesse à son domicile», a déclaré à l’AFP Sheetal Chaudhary, son voisin d’à côté. 

«Il a été emmené à l’hôpital après minuit, mais a été déclaré mort à l’arrivée par les médecins sur place», a-t-il ajouté. 

Jani disait avoir été béni par une déesse dans son enfance, ce qui lui aurait conféré des pouvoirs spéciaux. «Je reçois l’élixir de vie par le trou de mon palais, ce qui me permet de vivre sans nourriture et sans eau», avait-il affirmé à l’AFP en 2003. 

Il n’est pas possible de vérifier si le yogi n’a effectivement consommé aucune nourriture ni eau pendant toutes ces décennies. Pour les médecins, il est impensable qu’un corps humain puisse supporter un jeûne aussi long. 

Son ascétisme, qui lui avait valu de créer une petite communauté de fidèles, avait attiré l’attention de scientifiques. Des équipes médicales indiennes l’ont observé à deux reprises, en 2003 et 2010. 

Au cours de cette seconde étude, tout au long de laquelle il était surveillé en permanence par des caméras, il a tenu sans boire ni manger, mais aussi sans uriner ni déféquer, pendant deux semaines, stupéfiant les médecins chargés de l’observer. 

«Ce phénomène reste un mystère», avait à l’époque déclaré à la presse un neurologue de l’équipe.

AFP, in Le Journal de Montréal.com le 26 mai 2020

Vivre avec « Tan doori ». Quelques effets sociaux de « distanciation corporelle » en Inde

Depuis le confinement national de l’Inde le 25 mars, annoncé avec un préavis d’à peine quatre heures, les grandes contradictions du système social et politique indien sont devenues plus criantes. La mesure a sonné le glas pour plus de 176 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Abandonnés, sans abri, sans perspectives de travail, sans réserves, elles sont confrontées à la misère et à la faim. Sur le plan politique, la contraction de l’espace démocratique n’a échappé à personne. Le confinement a immédiatement mis un terme à la vague de protestations politiques et de mouvements citoyens provoqués par l’abrogation de l’article 376 qui garantissait le statut spécial du Cachemire et par le projet d’amendement sur la citoyenneté qui légalise la discrimination religieuse dans l’intégration des réfugiés. Le confinement a facilité la mise en place de barrières de police, les contrôles ou la surveillance des citoyens. Des dispositifs tels que l’Arogya Setu – un terme sanskrit qui désigne la nouvelle application mise en place par le gouvernement, littéralement « pont pour se libérer de la maladie » – seront obligatoires pour tous les employés des secteurs public et privé. La forte dépendance du pays à l’égard du secteur économique informel, qui est censé absorber 81 % de sa main-d’œuvre, son économie de rue, ses infrastructures sanitaires lamentablement inadéquates, l’indifférence générale du gouvernement et son manque d’intérêt pour les couches les plus pauvres de la société, ont suscité des reproches, des critiques et des suggestions sur « ce qui pourrait et devrait être fait ».

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“L’effondrement de l’économie en Inde est un coup dur pour celle de la planète !”

“L’effondrement de l’économie en Inde est un coup dur pour celle de la planète !”

Alors que la contribution de l’économie indienne à la croissance mondiale est traditionnellement très significative, le plongeon de l’activité dans le sous-continent est loin d’être anodin pour l’économie planétaire, souligne notre chroniqueur Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank.

L’effondrement économique de l’Inde n’est pas surprenant compte-tenu de ce qui se passe dans le monde entier, mais d’une importance capitale puisque la contribution du pays à la croissance mondiale est presque aussi importante que celle des États-Unis. D’après les dernières prévisions du FMI publiées mi-avril, l’Inde devrait être l’une des seules grandes puissances, avec la Chine, à terminer l’année 2020 avec un taux de croissance positif de son PIB. Cela étant, le ralentissement de la croissance est brutal et sans précédent. L’économie indienne est passée d’un taux de croissance de 4,2% en 2019 à seulement 1,9% en 2020, en comptant sur le fait que les mesures de confinement prises par le gouvernement sont efficaces pour endiguer la pandémie.

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Le cyclone Amphan sème la désolation en Inde et au Bangladesh

La tempête tropicale, la plus puissante depuis 1999, a frappé de plein fouet la région des Sundarbans et la ville de Calcutta, faisant des dizaines de morts et détruisant les habitations de 500 000 personnes.

Vue aérienne de Shyamnagar (Bengale-Occidental, Inde), après le passage du cyclone Amphan le 21 mai 2020.Vue aérienne de Shyamnagar (Bengale-Occidental, Inde), après le passage du cyclone Amphan le 21 mai 2020. MUNIR UZ ZAMAN / AFP

Il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts du cyclone Amphan qui a balayé la région de Calcutta, dans la nuit de mercredi 20 à jeudi 21 mai. Qualifié de « cyclone tropical intense » en raison des pointes de vent à 185 kilomètres par heure et des pluies diluviennes qui l’accompagnaient lorsqu’il a quitté le golfe du Bengale pour s’engager en direction du Nord, sur les terres marécageuses du delta du Gange et du Brahmapoutre, il a laissé sur son passage un paysage de désolation, à la frontière de l’Inde et du Bangladesh.

Les premières vues aériennes montrent des hangars effondrés à l’aéroport de Calcutta. Dans cette métropole de 15 millions d’habitants, des voitures sont remplies d’eau jusqu’aux fenêtres, des rues bloquées par des arbres et des poteaux électriques à terre. La dirigeante de l’Etat indien du Bengale occidental, Mamata Banerjee, affirme « n’avoir rien vu de tel de [sa] vie ». Elle laisse entendre qu’il faudra « au moins trois jours » pour mesurer l’ampleur du désastre, un premier bilan très provisoire faisant état de 72 morts en Inde et de 15 morts au Bangladesh.

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